
Le cinéaste mexicain Michel Franco s’est beaucoup intéressé aux racines et aux conséquences de la violence qui secoue son pays. Avec son nouveau film, Dreams, récit d’une passion toxique entre Jennifer McCarthy (Jessica Chastain), une riche mécène des arts américaine, et Fernando (Isaac Hernandez), un jeune danseur mexicain, il explore par l’intime la relation perverse qui unit le Mexique aux Etats-Unis. Un lien qui s’est encore dégradé avec le second mandat de Donald Trump à la Maison Blanche.
Comment l’idée du film est-elle venue ?
Depuis que je suis enfant, je suis troublé par la façon dont les Mexicains sont traités aux Etats-Unis. Une partie de la main-d’œuvre est composée d’immigrants et plusieurs millions de ces travailleurs sont des Mexicains. J’ai toujours eu beaucoup d’empathie pour eux. Le film montre comment ils sont traités comme des personnes de second ordre. Je suis aussi préoccupé par la façon dont les Etats-Unis contrôlent la politique mexicaine. Au moment d’écrire Dreams, j’étais obsédé par le fait que Donald Trump puisse être réélu à la tête du pays. Puis j’adore les films sur les relations toxiques, comme Tous les autres s’appellent Ali [1974], de Rainer Werner Fassbinder.
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