Lactalis rappelle six lots de lait infantile Picot en France et dans 18 pays

Au siège du groupe laitier français Lactalis, à Laval (Mayenne), le 12 janvier 2018. Au siège du groupe laitier français Lactalis, à Laval (Mayenne), le 12 janvier 2018.

Lactalis a annoncé mercredi le lancement d’un vaste rappel de lait infantile en France et dans de nombreux pays à travers le monde dont la Chine, l’Australie ou encore le Mexique, s’ajoutant à plusieurs rappels lancés par d’autres fabricants ces dernières semaines. Les rappels de Lactalis sont motivés par la présence potentielle de céréulide, une substance d’origine bactérienne susceptible de provoquer diarrhées et vomissements, souligne Lactalis dans un communiqué.

En France métropolitaine, c’est la marque Picot qui est concernée. Les six lots en question sont des pots nommés « Picot nutrition quotidienne 1er âge » dans les formats 400, 800 et 850 grammes d’une part, des pots « Picot nutrition quotidienne 2e âge » dans les formats 800 et 850 grammes, ainsi que le « Picot AR 2e âge » au format 800 grammes. Ces lots sont disponibles en réseau pharmaceutique et en grande distribution.

Seize autres pays sont concernés : l’Australie, le Chili, la Chine, la Colombie, le Congo, l’Equateur, l’Espagne, Madagascar, le Mexique, l’Ouzbékistan, le Pérou, la Géorgie, la Grèce, le Koweït, la République tchèque et Taïwan, a précisé une porte-parole à l’Agence France-Presse (AFP). Elle a mentionné que la Polynésie française faisait également partie des territoires concernés par le rappel. Pour tous ces pays, il s’agit de « quelques lots », a souligné Lactalis, sans être en mesure de tous les détailler dans l’immédiat.

« C’est un fournisseur international qui propose de l’ARA », une molécule rentrant dans la composition de certains laits infantiles, qui est en cause, a précisé Lactalis à l’AFP, sans toutefois souhaiter communiquer le nom du fournisseur en question. Le groupe a néanmoins précisé que ce fournisseur était distribué par un grossiste européen « avec qui travaille Lactalis ».

Ce rappel fait suite à une alerte de l’association L’Alliance 7, qui réunit des syndicats des métiers de l’épicerie et de la nutrition spécialisé, a expliqué Lactalis. Si les premières analyses ont « donné des résultats conformes », les analyses complémentaires « menées sur le produit reconstitué », c’est-à-dire le biberon préparé, ont « révélé la présence de céréulide », ce qui conduit Lactalis, « par précaution », à procéder à ce rappel, détaille le groupe laitier.

« Nous avons pleinement conscience que cette information peut susciter de l’inquiétude parmi les parents de jeunes enfants », note Lactalis dans son communiqué, précisant qu’à « ce stade, aucune réclamation ni aucun signalement lié à la consommation de ces produits n’ont été rapportés par les autorités françaises ».

« Aucune réclamation ni aucun signalement » à ce stade

Le secteur laitier est secoué ces dernières semaines par des rappels de produits de laits infantiles dans le monde entier, avec pour cause la présence potentielle de céréulide. L’agence alimentaire de Singapour (Singapore Food Agency, ou SFA) a annoncé le 17 janvier dans un communiqué le rappel de laits infantiles Dumex, une marque de nutrition pour bébés rachetée en 2022 par Danone. Selon l’entreprise, seules « quelques palettes » de Dumex 1er âge ont été bloquées à la demande des autorités singapouriennes, ce qui signifie que les lots concernés n’était pas encore en magasin.

Au début de janvier, plusieurs filiales de Nestlé en Europe, notamment en Allemagne, en Italie, en Suède et en France, avaient annoncé un rappel volontaire de certains lots de produits, commercialisés sous des noms différents selon les pays. Les procédures de rappel concernent désormais une soixantaine de pays, dont la France, et le patron de Nestlé, Philipp Navratil, a présenté des excuses mi-janvier alors que le groupe est accusé par certaines ONG d’avoir tardé à prendre des mesures.

Depuis début janvier, trois rappels concernant des laits infantiles ont été effectués en France, selon la base de données des rappels de consommation du ministère de l’Economie. Une fréquence qui tranche avec la rareté des rappels les années précédentes : un en 2025, zéro en 2024.

« Je tiens à vous rassurer sur le fait qu’aucun cas de maladie liée aux produits touchés n’a été confirmé jusqu’à présent », avait-il souligné, insistant sur le fait que le rappel était une mesure de « précaution ». Les autorités sanitaires françaises ont annoncé mardi que des investigations étaient en cours après la mort d’un bébé ayant consommé du lait infantile produit par Nestlé et concerné par un vaste rappel, sans qu’il soit possible à ce stade d’établir un lien direct.

Foodwatch a annoncé mercredi qu’elle allait porter plainte contre X pour « faire la lumière » sur ces rappels. Cette plainte vise à « faire la lumière » sur ces dossiers, alors que « cela fait près de deux mois que l’information sur la contamination par la toxine céréulide a été partagée au niveau européen, grâce à une notification des autorités italiennes », explique l’organisation de défense des consommateurs.

Le Monde avec AFP

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