
Le 27 octobre 2025, la démission du directeur artistique et fondateur de La Folle Journée de Nantes, René Martin, stupéfiait. L’homme de 75 ans est sous le coup d’une enquête, à la suite d’un audit dénonçant un « comportement inapproprié » sur le plan managérial ainsi que de « possibles faits de violences sexistes et sexuelles » – ce que l’intéressé conteste. Cela n’a toutefois pas obéré la tenue de ce festival pas comme les autres, dont la 32e édition se déroule jusqu’au dimanche 1er février à la Cité des congrès de Nantes. Quelque 250 concerts et plus de 2 000 artistes s’embarqueront sur la thématique des fleuves qui ont irrigué de tout temps la musique, de la Russie aux Amériques, de l’Inde à l’Europe et à l’Afrique, sans oublier l’Asie.
L’historien de la musique et écrivain Patrick Barbier est conférencier à La Folle Journée depuis les débuts de la manifestation, en 1995. Il souligne la richesse insoupçonnée du patrimoine musical lié à ces grands cours d’eau qui sillonnent la planète. « Chaque fleuve a son histoire et sa personnalité, constate-t-il. Qu’il reflète l’âme d’un pays, nourrisse récits et légendes, incarne patriotisme et nationalismes… Il y a des œuvres qui personnifient les fleuves, d’autres qui naissent au long de leurs rives. » C’est le cas du Danube – la célèbre valse de Johann Strauss II, Le Beau Danube bleu, a fait danser l’Europe dès 1866 –, dont le cours traverse pas moins d’une dizaine de pays. « Cette grande voie de communication, qui relie Vienne, Bratislava, Budapest et Belgrade, reflète un cosmopolitisme et un multiculturalisme qui s’expriment autour des traditions populaires et de la danse, argue-t-il. C’est un fleuve qui induit la joie, la légèreté, l’élégance. »
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