A l’Opéra de Paris, les plaisirs raffinés de Ralph Fiennes dans « Eugène Onéguine »

Boris Pinkhasovich (Eugène Onéguine) et Ruzan Mantashyan (Tatiana) dans « Eugène Onéguine », de Piotr Ilitch Tchaïkovski, mis en scène par Ralph Fiennes, à l’Opéra national de Paris, le 22 janvier 2026. Boris Pinkhasovich (Eugène Onéguine) et Ruzan Mantashyan (Tatiana) dans « Eugène Onéguine », de Piotr Ilitch Tchaïkovski, mis en scène par Ralph Fiennes, à l’Opéra national de Paris, le 22 janvier 2026.

Trois cent cinquante costumes, des centaines de mètres de tissus soigneusement choisis, harmonisés, patinés, sérigraphiés. La nouvelle production d’Eugène Onéguine, de Piotr Ilitch Tchaïkovski, présentée à l’Opéra de Paris jusqu’au 27 février, n’a pas lésiné, offrant au public le réalisme dont les productions « contemporaines » nous ont depuis si longtemps sevrés. Paris a acclamé sans réserve la mise en scène confiée à l’acteur et réalisateur vedette Ralph Fiennes, dont cette première incursion dans le monde lyrique révèle une très talentueuse direction d’acteurs.

Le Britannique avait prévenu qu’il ferait du théâtre. On ne sait en effet qu’admirer le plus, des scènes de foule conçues tels de vivants tableaux de genre ou de ces fils dramatiques tendus entre les protagonistes, dont le chant devient un élément parmi les autres.

Il faut voir la déception et la souffrance tordre le corps de Tatiana, dont l’amour a été repoussé par Onéguine. Et celui-ci, à son tour, se recroqueviller sur sa chaise au fur et à mesure que le vieux prince Grémine, fou de sa jeune épouse, dépeint sa rencontre salvatrice avec cette femme, dont la noblesse et la séduction frappent enfin l’indifférent en plein cœur. Cet art délicat de l’adresse (trop souvent absent des productions lyriques), Ralph Fiennes le porte à un niveau de lisibilité et de raffinement remarquables. Pas un mot qui ne soit porté par la voix et le corps. Pas un geste qui ne soit habité par le son et la musique.

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