Dordogne : « Nos confréries ne vieillissent pas mais elles prennent de l’âge »

L’interlude musical terminé, Pierre Capellot fait un signe : direction la place Saint-Louis et son marché au gras. C’est ici que ce samedi 24 janvier au matin, une dizaine de confréries vont tenir un chapitre pas comme les autres. On va introniser des ‘‘escuyers’’, confie le grand maître du Docte collège de la truffe et du foie gras du Périgord.

Devant, les jeunes intronisés. Pêle-mêle : Roxane Mouche, Clémence Fauchet, Candice Mazeau, Emmie Feix, Maxime Calvet et Arthur Champarnaud.

Devant, les jeunes intronisés. Pêle-mêle : Roxane Mouche, Clémence Fauchet, Candice Mazeau, Emmie Feix, Maxime Calvet et Arthur Champarnaud.

Grégoire Morizet

« Transmission de nos traditions »

L’initiative revient à l’Union des confréries du Périgord, qui connaît un second souffle depuis quelques années. « Nos confréries ne vieillissent pas mais elles prennent de l’âge, constate son président, le même Pierre Capellot. Ce qui pose quelques problèmes physiques à quelques-uns de nos membres qui ne sont plus en mesure d’assumer nos prestations, en particulier nos défilés. »

En parallèle de la cérémonie, la Confrérie de la tête de veau a tenu son propre chapitre.

En parallèle de la cérémonie, la Confrérie de la tête de veau a tenu son propre chapitre.

Grégoire Morizet

Autrement dit : la pyramide des âges se tasse. Alors, pour rajeunir l’effectif et surtout transmettre le feu sacré, l’Union a eu l’idée d’introniser des enfants. Non sans effectuer un travail pédagogique en amont, avec l’école Maurice-Albe / Les Barris. Ainsi, en septembre, des écoliers ont bénéficié d’une journée de présentation et de rencontres avec des producteurs dans les filières représentées par ces confréries.

Des membres des confréries du vin de Domme et de la châtaigne.

Des membres des confréries du vin de Domme et de la châtaigne.

Grégoire Morizet

« Nous voulons faire en sorte que la transmission de nos traditions soit intégrée de manière naturelle dans le quotidien des jeunes, poursuit Pierre Capellot. À eux ensuite de s’impliquer et de choisir, ou pas, d’adapter ces traditions à leur époque afin d’éviter qu’elles disparaissent. » Car derrière les chasubles, les oriflammes et les bannières, ce sont souvent de réelles filières qui sont représentées : noix, élevage bovin, canards, vin…

Deux jeunes intronisés l’année dernière.

Deux jeunes intronisés l’année dernière.

Grégoire Morizet

La cérémonie a pris fin sur une petite scène, où diverses confréries ont donc intronisé des enfants. Par exemple, la noix du Périgord a fait jurer à son entrant de « faire connaître la noix autour de lui, s’engager à poursuivre la mise en valeur de ce merveilleux fruit d’or qui, depuis des siècles, fait la renommée du Périgord ».

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