Ces frappes intensives ont relativement épargné le patrimoine, mais plusieurs sites, dont certains sont inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, ont subi des dégâts partiels. Le pays compte 29 éléments inscrits, parmi lesquels des sites datant de la Préhistoire (grottes de la vallée de Khorramabad).
Le ministre iranien du Patrimoine culturel a déclaré à la mi-mars que 19 monuments et sites ont été touchés à Téhéran, et plus de 50 dans le pays. C’est le cas du palais du Golestan à Téhéran, inscrit au Patrimoine mondial depuis 2013 : reconstruit au XIXe siècle sur une ancienne forteresse, il est devenu le siège du pouvoir qajar connu pour son goût prononcé pour les arts. Des vidéos sur les réseaux sociaux montrent un sol jonché de débris de verre et de mosaïque en miroir typique du style qajar pour lequel le monument est renommé. Le bâtiment semble avoir été touché par l’effet de souffle des bombardements aériens. D’après des témoignages, les bombardements auraient touché le bazar couvert de Téhéran.

Façade du Palais du Golestan à Téhéran, Iran.
À Ispahan, plusieurs monuments inscrits au Patrimoine mondial ont subi des dégradations, dont la Grande mosquée (VIIIe-XIIe siècle), célèbre pour ses décors en céramique et son dôme bleu. Le complexe architectural du Chehel Sotoun, dans le centre de la capitale, aurait lui aussi été partiellement endommagé. Cet ensemble de bâtiments et jardins persans du XVIIe siècle compte plusieurs palais décorés de mosaïques en miroir et est largement représenté dans les arts et la littérature. Selon les autorités, l’esplanade Naghsh-e Jahan (XVIIe siècle), connue pour ses bassins et ses palais, a été touchée par les récents bombardements.
L’Unesco rappelle qu’elle a fourni dès le début de la guerre les coordonnées géographiques des sites du Patrimoine mondial aux parties concernées, et qu’elle évalue actuellement l’ampleur des dégradations. Dans un communiqué daté de début mars, elle appelle au respect de la Convention de La Haye (1954). De son côté, l’Iran a marqué plus de 120 sites et monuments de l’emblème du Bouclier bleu pour les signaler aux armées engagées dans le conflit, comme le préconise la convention à laquelle l’Iran, les États-Unis et Israël sont parties.
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