WRC : la succession française d’Ogier et Loeb déjà trouvé ?

Il y a des week-ends qui dépassent le simple cadre du résultat. Au Rallye Monte-Carlo, pendant que Sébastien Ogier terminait pour une quinzième fois sur le podium de l’épreuve et que l’ombre de Sébastien Loeb planait encore sur les spéciales, une autre histoire s’est discrètement imposée. Celle de Léo et Yohan Rossel. Deux trajectoires différentes, un même nom, et une performance qui interroge : la relève française du WRC serait-elle déjà là ?

Le décor était pourtant hostile. Conditions changeantes, neige, boue, pièges à répétition. Le genre de terrain où l’expérience prime… et où les jeunes sont censés apprendre. Sauf que Léo Rossel, pour sa première campagne mondiale à ce niveau, n’a pas seulement appris. Il a dominé. Victoire en WRC2, sixième place au général, et une impression de maîtrise rare.

« C’était une course de dingue, c’était fou du début à la fin (…) alors qu’on était les moins expérimentés des candidats à la victoire c’est nous qui nous en sommes le mieux sortis. C’est la chose dont je suis le plus fier : ne pas avoir fait d’erreur. »

Léo Rossel, la méthode plutôt que le bruit

Champion de France asphalte 2024, Léo Rossel n’est pas arrivé au Monte-Carlo par hasard. Né en 1997 dans le Gard, il a construit son parcours étape par étape, loin des effets d’annonce. Sa victoire en WRC2 n’est pas seulement un succès de catégorie : c’est un signal. Peu de fautes, une lecture parfaite des conditions, et surtout une capacité à transformer la pression en performance.

Sa sixième place au général, devant plusieurs Rally1, rappelle les débuts d’un certain Ogier, déjà capable à l’époque de briller sans voiture officielle. Dans l’antichambre du WRC, Rossel coche déjà toutes les cases : vitesse, constance, intelligence de course. Le genre de profil que les équipes regardent toujours de très près.

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Yohan Rossel, l’erreur fondatrice d’un message fort

Chez Yohan, le scénario a été radicalement différent. Une erreur dès la première spéciale, une sortie de route, et l’espoir de victoire envolé. Mais abandonner mentalement n’a jamais fait partie de son ADN. Reparti vendredi avec la Lancia Ypsilon Rally2, le Gardois a signé un dimanche tout simplement exceptionnel.

Pour la première fois, un pilote WRC2 a remporté le Super Sunday, devant tous les Rally1, dont Elfyn Evans. « On a montré qu’on était rapide, mais pour gagner un Monte-Carlo il ne faut pas faire la moindre erreur et on en a malheureusement fait une d’entrée de jeu. La voiture est performante, le souci ne venait pas de là ce week-end. »

Vice-champion du monde WRC2 2025, ancien champion WRC3, Yohan Rossel a rappelé qu’il reste une référence pure en termes de vitesse. Il devient même le premier pilote à marquer des points en Mondial au volant d’une Lancia depuis… San Remo 1994. Historique.

Alors, héritiers d’Ogier et Loeb ? La route est encore longue. D’autant plus qu’un certain Adrien Fourmaux compte bien tirer son épingle du jeu. Mais une chose est sûre : au Monte-Carlo, la France n’a pas seulement brillé par son passé. Elle a sérieusement esquissé son avenir. Et quand deux Rossel font autant de bruit, ce n’est sans doute pas un simple hasard… mais un nom à retenir pour longtemps.

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Pour résumer

Au Monte-Carlo, Léo et Yohan Rossel ont frappé fort. Victoire en WRC2 et 6e place au général pour l’un, Super Sunday historique pour l’autre. Deux trajectoires différentes, une même promesse : la relève française du WRC est déjà en marche.

Rédacteur

Dylan Ragot

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