Polémique à la suite d’une performance à l’école d’art de Mulhouse

La polémique provoquée par une performance réalisée dans le cadre de la restitution d’un workshop à l’école d’art de Mulhouse ne s’éteint pas. En cause, une action artistique abordant la question des « violences policières » au cours de laquelle des étudiants, les yeux bandés, ont frappé une piñata géante en forme de voiture de police.

Il n’aura fallu que quelques heures pour que Michèle Lutz, la maire de Mulhouse (LR), dénonce une « scène particulièrement choquante » sur son compte Instagram. « La liberté d’expression, y compris artistique, ne peut permettre de justifier tous les outrages », argue-t-elle. La vidéo de la performance a suscité la colère de plusieurs syndicats de police, à l’instar du Syndicat des cadres de la Sécurité intérieure (SCSI) – CFDT, mais aussi de personnalités politiques de droite et d’extrême-droite. Les faits ont été condamnés par Christelle Ritz (RN), candidate aux municipales de Mulhouse, et par Bruno Retailleau (LR), ancien ministre de l’Intérieur. « Voilà où mène l’idéologie d’extrême-gauche qui gangrène une partie de nos institutions », a-t-il déclaré sur X. L’actuel ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, dénonce des faits « inadmissibles ».

A la suite du signalement effectué par la maire de Mulhouse auprès du Procureur de la République au titre de l’article 40 du code de procédure pénale, le parquet a ouvert une enquête pour « outrage à personnes dépositaires de l’autorité publique et outrage au drapeau tricolore », confiée au commissariat de Mulhouse.

Le directeur de la Hear s’est défendu en expliquant que la performance s’inscrivait « dans le cadre d’un travail pédagogique » et relevait « pleinement des champs de la création, de l’expérimentation et du débat esthétique qui traversent l’histoire de l’art ». Le Syndicat National des Artistes Plasticiens (SNAP – CGT) et le Syndicat national des écoles d’art et de design (Snéad – CGT) fustigent une « atteinte orchestrée par l’extrême-droite aux libertés de création et d’expression », tandis que l’Association nationale des écoles supérieures d’art et de design (ANdÉA) estime qu’ « assimiler une proposition artistique étudiante à une position idéologique, l’extraire de son cadre pédagogique et l’exposer à la vindicte publique constituent une atteinte grave aux libertés fondamentales ».

Cet article a été publié en premier sur https://www.lejournaldesarts.fr/campus/polemique-la-suite-dune-performance-lecole-dart-de-mulhouse-181682