
Exposé pour la première fois à la galerie Templon à Paris, le peintre et sculpteur, qui fête ses 90 ans le 12 février, commente quelques-unes des œuvres réalisées ces dernières années, parmi la trentaine présentées.
Au fil des décennies, vous avez souvent rompu avec la technique qui caractérisait votre travail pour finalement en venir à une pratique de la peinture assez traditionnelle. Comment expliquez-vous ce mouvement ?
Oui, je suis devenu très traditionnel avec le temps. Dans ce qu’on appelle la hiérarchie des genres, il y a la nature morte, le paysage, le portrait et la peinture d’histoire, qui rassemble tous ces genres, et c’est tout ce panel qui m’intéresse. Je trouve que chacun a une spécificité presque attendrissante. Dans les années 1960, après l’abstract expressionnism [expressionnisme abstrait] et sous la bannière de Marcel Duchamp [1887-1968], on a commencé à s’intéresser aux ready-made, aux objets. Moi, j’ai d’abord fait du néon, des poèmes-objets, avant de constater, après des voyages en Italie, que c’était vraiment un langage un peu primaire, et qu’il y avait d’autres manières de tenir un pinceau. J’ai donc décidé de me former auprès des maîtres anciens, flamands ou italiens, d’essayer d’imiter leur facture en allant dessiner dans les musées. Ce que je continue de faire aujourd’hui, de Bruges [Belgique] à Brescia [Italie].
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