« L’Incandescente et le Gang des cracheuses de sang », au Théâtre de la Commune : un cri de ralliement lesbien

« L’Incandescente et le Gang des cracheuses de sang », mis en scène par Louise Chevillotte, au Théâtre de la Commune, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), le 6 février 2026. « L’Incandescente et le Gang des cracheuses de sang », mis en scène par Louise Chevillotte, au Théâtre de la Commune, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), le 6 février 2026.

« Emma ! Marcelle ! » : les cris de deux amantes, qui s’embrassent à pleine bouche puis se séparent dans la foulée, volent par-dessus la tête du public du Théâtre de la Commune, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). L’appel est impérieux, presque comminatoire. Il convoque le spectateur à un rendez-vous essentiel. Il le somme d’être là, au présent d’existences revenues du passé et que le théâtre, un siècle plus tard, ressuscite en donnant à entendre la pertinence d’une correspondance amoureuse. De 1923 à 1933, Marcelle écrit à Emma. Des centaines de lettres (révélées par les descendants d’Emma) qui sont d’une poésie frappante et d’une totale liberté de penser.

Le spectacle que signe Louise Chevillotte de L’Incandescente et le Gang des cracheuses de sang est un enchantement malgré ses fragilités (c’est la première mise en scène de cette comédienne). Avec peu de moyens et pas mal d’intuition, accompagnée par quatre actrices un brin excessives mais pleinement investies, l’artiste restitue la puissance de femmes de l’ombre qui n’auront pas tout à fait sombré dans l’oubli grâce à la littérature et à son relais, le théâtre.

Il vous reste 62.44% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Cet article a été publié en premier sur https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/02/17/l-incandescente-et-le-gang-des-cracheuses-de-sang-au-theatre-de-la-commune-un-cri-de-ralliement-lesbien_6667119_3246.html