La délicate réponse sanitaire à l’essor de la consommation de protoxyde d’azote chez les jeunes : « Cette substance a des effets complexes, variés »

Des bonbonnes de protoxyde d’azote dans l’appartement d’un consommateur, à Marseille, le 27 novembre 2025.
Des bonbonnes de protoxyde d’azote dans l’appartement d’un consommateur, à Marseille, le 27 novembre 2025.

Dans l’unité de rééducation neurologique qu’elle dirige, à l’hôpital René-Muret (Assistance publique-Hôpitaux de Paris, AP-HP) de Sevran (Seine-Saint-Denis), Irène Coman prend régulièrement en charge, depuis quelques années, des patients présentant des atteintes liées à la toxicité du protoxyde d’azote à la suite d’une consommation répétée de ce gaz, souvent appelé « proto » ou « gaz hilarant ». « Il y a cinq ans, cette étiologie était anecdotique parmi les patients de l’unité, remarque la neurologue. Symptômes moteurs, sphinctériens [incontinence ou rétention urinaire], douleurs tenaces ou, au contraire, perte de sensations, troubles cognitifs… Les cas qui nous arrivent, chez des sujets d’une vingtaine d’années, sont souvent les plus complexes et nécessitent une hospitalisation. »

L’hôpital René-Muret s’adapte à ce nouveau fléau, et abrite, depuis janvier, la première filière francilienne spécialisée dans la prise en charge de ces jeunes consommateurs. Souvent, constate-t-on dans les rangs des médecins, ils échappent encore au repérage, et donc aux soins.

Combien sont-ils, après les premières « bouffées » euphorisantes, à tomber dans le piège d’un produit facile d’accès et bon marché, même si sa vente est interdite aux mineurs depuis 2021 ? A passer d’un usage ponctuel, festif, à une pratique répétée ? Et à développer des symptômes, des troubles de l’usage, une addiction, des séquelles ? Les chiffres manquent. Mais ce gaz, détourné de son utilisation dans le champ médical (pour l’anesthésie et l’analgésie) ou culinaire (pour les aérosols alimentaires), gagne en popularité parmi des publics à la recherche de sensations fortes.

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