Il dénonce des conducteurs mal garés… sans imaginer que son propre geste allait se retourner contre lui

L’histoire se déroule sur la route sinueuse du Petit Susten, en Suisse, un ruban d’asphalte apprécié des motards pour ses virages serrés et son décor de carte postale. En 2023, excédé par des stationnements jugés dangereux, un agriculteur décide de signaler trois motards arrêtés dans un virage, juste devant un panneau « interdit de stationner ».

Alertées, les autorités interviennent sans tarder. Le verdict est immédiat : 380 francs suisses d’amende pour chacun des motards, sanction classique pour une infraction routière sur une zone réputée accidentogène. L’affaire aurait pu s’arrêter là, rangée dans la colonne des faits divers ordinaires.

Le panneau de trop

Mais la mécanique judiciaire réserve parfois des retours de flamme inattendus. En remontant le fil des responsabilités, les enquêteurs découvrent un détail troublant : le fameux panneau à l’origine de la verbalisation n’était pas répertorié dans la signalisation officielle.

Confronté aux faits, l’agriculteur finit par reconnaître l’avoir installé lui-même. Son objectif ? Protéger l’accès à ses champs et empêcher les arrêts intempestifs devant ses parcelles. Une initiative personnelle, certes compréhensible, mais totalement illégale sur une voie publique.

Une amende… puis une contestation victorieuse

Ironie du sort, l’agriculteur reçoit à son tour une contravention pour stationnement interdit et mise en danger de la circulation. Une sanction qu’il conteste immédiatement, fort d’un argument imparable : le panneau n’avait aucune valeur légale.

Le juge lui donne raison sur ce point précis. L’amende liée au stationnement est annulée et l’État est même contraint de prendre en charge une partie des frais d’avocat. Une victoire juridique qui souligne les limites entre initiative privée et cadre réglementaire.

L’émotion comme circonstance atténuante

Tout n’est cependant pas effacé d’un trait. La mise en danger de la circulation est bien retenue par le magistrat, qui reconnaît un comportement inapproprié sur une route sensible.

Mais la décision finale se veut humaine. Le juge évoque une situation conflictuelle, une forte charge émotionnelle et un contexte tendu pour expliquer l’attitude de l’agriculteur. Aucune peine n’est finalement prononcée, concluant une affaire où le bon sens a tenté de rattraper l’excès de zèle.

Pour résumer

Un agriculteur suisse a dénoncé des motards mal garés grâce à un panneau « interdit de stationner ». Problème : il l’avait installé lui-même. Résultat, une affaire judiciaire rocambolesque… et une leçon de droit routier.

Jules Sessiwede

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