À Varsovie, en Pologne, un robot humanoïde s’est improvisé rabatteur face à des sangliers… avec un succès très relatif. Si la scène amuse, elle pose aussi une question sérieuse : la technologie peut-elle vraiment trouver sa place dans la gestion cynégétique ? Soyons raqssuré, nos chiens courants ont encore de l’avenir ….
Un “rabatteur” qui manque encore d’entraînement
Sur les images tournées dans la capitale polonaise, le robot Edward Warchocki s’élance derrière une compagnie de sangliers. Résultat : les animaux détalent… et le robot reste à bonne distance. Disons-le franchement, on est encore loin du rabatteur aguerri capable de pousser un solitaire vers une ligne de tir. Sur le terrain, un chasseur le verrait vite : bruit mécanique, déplacements encore rigides, manque de réactivité… Bref, difficile d’imaginer ce robot tenir une matinée complète en battue. Et face à un vieux mâle rusé, il y a fort à parier que la machine se ferait rapidement “planter”.
Pour autant, la vidéo a le mérite de faire sourire. Après tout, combien de chasseurs ont déjà connu un rabatteur un peu lent ou un chien distrait ? Ici, au moins, le robot ne se plaint pas… et ne demande pas de casse-croûte.
Une idée pas si farfelue sur le fond
Derrière la scène virale, la problématique est bien réelle. À Varsovie comme dans de nombreuses villes européennes, les sangliers s’installent durablement en zone urbaine. Or, organiser des battues y devient complexe, voire impossible. Dans ce contexte, certains imaginent déjà des robots capables d’effaroucher les animaux ou de les canaliser hors des zones sensibles. Sur le papier, l’idée tient la route. Dans la pratique, on en est encore loin. Un peu comme les effaroucheurs en Suisse ( voir notre article).
Car la chasse reste avant tout une affaire de terrain, d’expérience et d’adaptation. Un sanglier ne réagit pas comme un obstacle programmé : il analyse, contourne, revient parfois… et surprend souvent. Alors, le robot remplacera-t-il un jour les rabatteurs ? Rien n’est moins sûr. Mais comme outil complémentaire, pourquoi pas. À condition, bien sûr, qu’il apprenne d’abord à suivre la cadence… et à ne pas se faire distancer dès le premier layon.
Qui est vraiment Edward Warchocki ?
Derrière ce “rabatteur” un peu particulier se cache en réalité un robot humanoïde conçu avant tout pour faire le buzz. Baptisé Edward Warchocki, il s’agit d’un robot de type Unitree G1, une machine développée pour démonstration technologique et création de contenus viraux. Capable de marcher, courir et interagir avec son environnement, il reste toutefois très loin des capacités d’adaptation d’un animal… ou d’un chasseur expérimenté. Son apparition à Varsovie relève donc davantage d’une opération de communication bien pensée que d’un véritable test cynégétique. Reste que, même limité, ce type de robot donne un aperçu des outils qui pourraient, demain, venir épauler – sans remplacer – les acteurs de terrain.