En Iran, le régime évoque des progrès en vue de négociations avec les Etats-Unis après une journée de fébrilité

Ali Khamenei et le petit-fils de l’ancien fondateur de la République islamique, Ruhollah Khomeyni, prient devant la tombe de l’ancien président Akbar Hachémi Rafsandjani, à Téhéran, samedi 31 janvier 2026. Ali Khamenei et le petit-fils de l’ancien fondateur de la République islamique, Ruhollah Khomeyni, prient devant la tombe de l’ancien président Akbar Hachémi Rafsandjani, à Téhéran, samedi 31 janvier 2026.

Le secrétaire de la plus haute instance de sécurité en Iran, Ali Larijani, a écrit sur X, samedi 31 janvier, que « la mise en place d’un cadre de négociation progresse » avec les Etats-Unis, nouveau rebondissement dans un contexte tendu alimenté depuis plusieurs jours par les déclarations belliqueuses de part et d’autre.

Cette déclaration survient alors que le président américain, Donald Trump, avait affirmé vendredi que l’Iran voulait « conclure un accord » sur le nucléaire, ajoutant qu’il avait fixé à Téhéran un ultimatum sans donner plus de détails.

Elle fait aussi suite à d’autres propos, nettement plus offensifs, tenus par le chef de l’armée iranienne, Amir Hatami, selon lequel les forces armées iraniennes sont « en état d’alerte maximale » face à une éventuelle attaque américaine.

« Si l’ennemi commet une erreur, cela mettra sans aucun doute en danger sa propre sécurité, celle de la région et celle du régime sioniste [Israël] », a-t-il également averti. « Le savoir et la technologie nucléaires de la République islamique d’Iran ne peuvent être éliminés », a-t-il ajouté, alors que des bombardements avaient visé des sites nucléaires ainsi que des scientifiques iraniens lors de la guerre de douze jours lancée en juin par Israël.

Il a également menacé de bloquer le détroit d’Ormuz, point de transit-clé pour les approvisionnements énergétiques mondiaux. Les gardiens de la révolution vont y mener à partir de dimanche « un exercice naval de tir réel de deux jours », selon le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (CentCom), mettant en garde contre « tout comportement dangereux » à proximité des forces américaines.

Ali Khamenei prie

Ce contexte tendu est entretenu par les menaces d’intervention militaire contre l’Iran, accompagnées du déploiement d’une dizaine de navires américains dans le Golfe, dont le porte-avions Abraham-Lincoln. Depuis la vague de contestation réprimée au début de janvier dans le sang par le pouvoir iranien, Donald Trump a multiplié les avertissements.

Samedi, l’enchaînement de déclarations a semblé témoigner d’un climat de fébrilité du régime et de ses observateurs. Une explosion survenue samedi dans un immeuble résidentiel de Bandar-e Abbas, un port du sud de l’Iran sur le Golfe, est restée inexpliquée plusieurs heures avant que les pompiers annoncent qu’il s’agissait d’une fuite de gaz. Des incidents distincts ont été rapportés ailleurs dans le pays, mais les médias ont rapidement écarté tout lien avec une attaque américaine.

Une rumeur affirmant que le chef des forces navales des gardiens de la révolution avait été assassiné a, par ailleurs, largement circulé sur les réseaux sociaux, a rapporté l’agence de presse Tasnim, l’attribuant à « une opération psychologique » menée par des « courants anti-Iran ».

Le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a visité samedi le mausolée de Ruhollah Khomeyni, le fondateur de la République islamique, dans le sud de Téhéran. Dans des images publiées sur son site officiel, M. Khamenei, qui ne s’était pas montré en public depuis le 17 janvier, apparaît en train de prier.

Le Monde avec AFP

Cet article a été publié en premier sur https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/31/en-iran-le-regime-evoque-des-progres-en-vue-de-negociations-avec-les-etats-unis-apres-une-journee-de-febrilite_6664931_3210.html