En Irak, le bloc majoritaire soutient Nouri Al-Maliki au poste de premier ministre malgré les menaces de Donald Trump

Un Irakien brandit un portrait de l’ancien premier ministre Nouri Al-Maliki lors d’une manifestation contre le président Donald Trump sur un pont menant à la zone verte fortifiée où se trouve l’ambassade américaine à Bagdad, en Irak, le 29 janvier 2026. Un Irakien brandit un portrait de l’ancien premier ministre Nouri Al-Maliki lors d’une manifestation contre le président Donald Trump sur un pont menant à la zone verte fortifiée où se trouve l’ambassade américaine à Bagdad, en Irak, le 29 janvier 2026.

La principale alliance chiite en Irak, qui détient la majorité au Parlement, a annoncé qu’elle soutiendrait Nouri Al-Maliki au poste de premier ministre, malgré les menaces du président Donald Trump de mettre fin à tout soutien américain au pays.

Figure de la vie politique irakienne, M. Maliki a déjà été deux fois premier ministre mais avait quitté le pouvoir en 2014 sous la pression de Washington, qui le perçoit comme proche de l’Iran. « La dernière fois que Maliki était au pouvoir, le pays a sombré dans la pauvreté et le chaos total. Cela ne doit pas se reproduire », a écrit mardi le président américain sur son réseau Truth Social, en ajoutant qu’« en raison de ses politiques et idéologies insensées, s’il est élu, les Etats-Unis d’Amérique ne viendront plus en aide à l’Irak ».

M. Maliki a vivement critiqué mercredi ces déclarations, considérant qu’il s’agissait d’une « violation » du « système démocratique » instauré en Irak depuis l’invasion américaine de 2003, qui avait renversé Saddam Hussein.

Samedi, le Cadre de coordination, une alliance de factions chiites aux liens plus ou moins étroits avec l’Iran, a réaffirmé dans un communiqué « son soutien à son candidat, Nouri Kamel al-Maliki, pour le poste de Premier ministre ». « Le choix du premier ministre relève exclusivement de la Constitution irakienne (…) et doit être libre de toute ingérence étrangère », a-t-il soutenu.

La même source a dit être attachée à « des relations équilibrées avec la communauté internationale, en particulier avec les grandes puissances mondiales, fondées sur le respect mutuel et la non-ingérence dans les affaires intérieures ».

Un terrain de confrontation par procuration

L’Irak a longtemps été un terrain de confrontation par procuration entre les Etats-Unis et l’Iran, les gouvernements successifs négociant un équilibre délicat entre ces deux ennemis. La déclaration du Cadre de coordination intervient à la veille d’une séance du Parlement prévue pour élire le président du pays. Or, en raison de divergences politiques, il n’est pas certain que le quorum requis soit atteint.

Une fois élu, le président disposera de quinze jours pour nommer un premier ministre, généralement désigné par le plus grand bloc chiite. Celui-ci prendra ses fonctions en des temps troublés au Moyen-Orient, où l’influence de l’Iran faiblit et les tensions avec les Etats-Unis s’accroissent.

Deux sources proches du Cadre de coordination ont indiqué à l’Agence France-Presse (AFP) que M. Maliki avait rencontré cette semaine à Bagdad des représentants américains, qui lui ont fait savoir que la décision de Washington était « définitive ». Selon l’une de ces sources, les dirigeants chiites sont divisés : certains souhaitaient que M. Maliki se retire, craignant d’éventuelles sanctions américaines en cas de retour au pouvoir.

Après des décennies de conflits et de chaos, l’Irak a récemment regagné en stabilité. Mais son économie, déjà fragile, pâtira de mesures punitives des Etats-Unis, qui ont déjà sanctionné plusieurs entités accusées d’aider Téhéran à se soustraire à ses propres sanctions.

Le Monde avec AFP

Cet article a été publié en premier sur https://www.lemonde.fr/international/article/2026/01/31/en-irak-le-bloc-majoritaire-soutient-nouri-al-maliki-au-poste-de-premier-ministre-malgre-les-menaces-de-donald-trump_6664935_3210.html