
Les analystes militaires, d’où qu’ils viennent, restent perplexes. En trois ans, la deuxième armée la plus puissante de la planète, première en nombre d’hommes et de navires, a perdu presque tous ses plus haut gradés. Des sept membres nommés en 2022 à la commission militaire centrale de Chine, en principe organe décisionnaire, n’en restent plus que deux aujourd’hui : son président, Xi Jinping, et le commissaire à la discipline qui a exécuté ses purges, Zhang Shengmin. Les arrestations de gradés, même dans les hautes sphères, ne suscitent qu’une attention relative tant les Chinois se sont habitués à la destitution d’officiels : en 2025, 983 000 ont fait l’objet de sanctions disciplinaires, chiffre le plus élevé depuis que la Chine a commencé à publier ce type de statistiques.
Annoncée samedi 24 janvier, la chute du plus haut d’entre eux, Zhang Youxia, le premier vice-président de la commission, constitue cette fois un séisme. Il dirigeait, jusqu’à présent, l’armée derrière Xi Jinping et cumulait des fonctions équivalentes à celles d’un chef d’état-major et d’un ministre de la défense. Déjà, en octobre 2025, huit des généraux les plus importants avaient été arrêtés. « C’est le développement le plus stupéfiant en politique chinoise depuis l’ascension de Xi Jinping au pouvoir », affirme Dennis Wilder, professeur à l’université de Georgetown, à Washington, après avoir longtemps été à la tête de l’analyse sur la Chine à la CIA.
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