Ebo Taylor, légende du highlife ghanéenne, est mort

Le musicien ghanéen Ebo Taylor, à Barcelone (Espagne), le 25 mai 2016. Le musicien ghanéen Ebo Taylor, à Barcelone (Espagne), le 25 mai 2016.

La légende ghanéenne du highlife, Ebo Taylor, guitariste, compositeur et chef d’orchestre, dont la carrière de six décennies a contribué à façonner la musique populaire moderne en Afrique de l’Ouest, est mort, samedi 7 février, le lendemain du lancement du festival de musique qui porte son nom à Accra, un mois après avoir fêté son 90e anniversaire.

Le highlife est un style musical qui mélange des rythmes traditionnels africains, du jazz et des influences musicales caribéennes, créant un son dansant et mélodique. Il a été inscrit le 10 décembre sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), une reconnaissance internationale majeure pour l’une des traditions musicales les plus influentes d’Afrique de l’Ouest.

L’influence de Taylor s’étendait bien au-delà du Ghana, des éléments de sa musique apparaissant dans des enregistrements de soul, de jazz, de hip-hop et d’afrobeat, des genres qui dominent aujourd’hui les charts africains et mondiaux.

Producteur recherché

Né Deroy Taylor, à Cape Coast, en 1936, il a commencé à se produire dans les années 1950, alors que le highlife s’imposait comme le son dominant au Ghana dans les années qui ont suivi l’indépendance.

Connu pour ses lignes de guitare complexes et ses riches arrangements de cuivres, il a joué avec des groupes de premier plan, notamment les Stargazers et le Broadway Dance Band.

Au début des années 1960, il s’est rendu à Londres pour étudier la musique, où il a travaillé aux côtés d’autres musiciens africains, dont le pionnier nigérian Fela Kuti. L’échange d’idées entre les deux hommes sera plus tard considéré comme déterminant pour le développement de l’afrobeat, mélangeant le highlife avec le funk, le jazz et la soul politique.

De retour au Ghana, Taylor est devenu l’un des arrangeurs et producteurs les plus recherchés du pays, travaillant avec des stars telles que Pat Thomas et CK Mann tout en dirigeant ses propres groupes.

Hommages

Ses compositions, notamment Love and Death, Heaven, Odofo Nyi Akyiri Biara et Appia Kwa Bridge, ont retrouvé une attention internationale plusieurs décennies plus tard, lorsque des DJ et des labels ont réédité sa musique. Ses grooves ont été samplés par des artistes hip-hop et R & B et ont contribué à faire découvrir le highlife ghanéen à un nouveau public international.

Taylor a continué à tourner jusqu’à ses 80 ans, se produisant à travers l’Europe et les Etats-Unis et consolidant son statut de figure culte auprès des nouvelles générations. Pour beaucoup, il restait un symbole de l’âge d’or du highlife et d’une génération qui a porté la musique ghanéenne sur la scène mondiale.

Depuis samedi, les hommages du monde de la musique affluent. Le collectif Jazz Is Dead, basé à Los Angeles, l’a qualifié de « pionnier… l’un des pères de l’afrobeat et de la musique highlife ». La star ghanéenne de dancehall, Stonebwoy, plusieurs fois récompensée, a rendu hommage au vétéran. Le producteur américain Adrian Younge s’est dit « très heureux d’avoir pu le voir en concert », tandis que l’écrivain et poète nigérian Dami Ajayi l’a salué comme un « maestro du highlife, un arrangeur extraordinaire et un guitariste fantastique ».

De nombreux fans l’appelaient affectueusement « Oncle Ebo », reflétant à la fois sa longévité et son rôle de mentor auprès des jeunes artistes.

Le Monde avec AFP

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