Disséquer la désinformation

Inventé et développé par des scientifiques pour échanger leurs travaux, Internet a fini par révolutionner toute la production, toute la diffusion et toute la consommation d’information. Souvent pour le meilleur, en démocratisant l’accès à la connaissance et en facilitant sa diffusion, mais parfois pour le pire, en permettant à des acteurs malhonnêtes d’exploiter des canaux inédits de désinformation.

Ainsi, à la rumeur propagée par le bouche-à-oreille autour des comptoirs et des machines à café ont succédé des infox et des deep fakes optimisées pour des algorithmes qui les diffusent à des millions de personnes à travers le monde. Noyant toute information sourcée et vérifiée, ce déferlement nous projette « dans ce monde réellement renversé le vrai est un moment du faux » qu’entrevoyait dès 1967 l’écrivain Guy Debord dans La Société du spectacle. Dans ce contexte, la recherche scientifique ne s’attache plus seulement à consolider et étendre le vrai (jusqu’à preuve du contraire), elle s’interroge sur ce qu’est le faux et pourquoi il prospère tant sur Internet et sur les réseaux sociaux.

Car qu’est-ce qu’une fake news, précisément ? Par qui, comment et pourquoi sont-elles diffusées ? Pourquoi bernent-elles si facilement notre cerveau ? À quel point sont-elles susceptibles d’interférer dans la discussion scientifique ou de peser sur notre vie démocratique ? 

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