Dans « Le Grand Phuket », Yaonan Liu filme les 400 coups d’un adolescent chinois, au pied des tours d’immeubles

Li Rongkun (Li Xing) dans « Le Grand Phuket », de Yaonan Liu. Li Rongkun (Li Xing) dans « Le Grand Phuket », de Yaonan Liu.

Les tours d’immeubles ressemblent à des géants qui auraient tout écrasé sur leur passage. Ces colosses dominent un immense terrain vague recouvert de gravats et de vestiges des anciennes habitations. C’est dans ce paysage ingrat que Li Xing (Li Rongkun), 14 ans, garçon dissipé, découvre sa liberté et se raconte des histoires. Acteur principal – et non professionnel – du premier long-métrage du Chinois Yaonan Liu, Le Grand Phuket, il est un peu l’Antoine Doinel des 400 Coups (1959), de François Truffaut, en plus taiseux.

Né en 1987 à Kunming, dans le sud de la Chine, le réalisateur et scénariste s’est formé au cinéma à l’université normale de Pékin, puis à l’Ecole nationale supérieure d’art de Bourges, en France. Comme le héros du film, il a lui-même exploré ces zones dénommées « villages urbains », lesquelles côtoyaient l’hôpital où travaillaient ses parents. Les villageois y louaient des maisons souvent construites par eux-mêmes. Les loyers n’étaient pas très élevés, et beaucoup de gens affluaient d’autres régions, voire de pays frontaliers. Après 2010, ces habitats ont été détruits, déplacés et reconstruits ailleurs.

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