
Christophe Gans est une chimère dans le cinéma français. D’abord parce qu’il a désiré œuvrer, sans distanciation, dans le cinéma de genre, à l’américaine ou à l’asiatique – c’était rare, en France, alors. Ensuite parce que ses films cultivent l’hybridation : l’adaptation d’un manga hors du Japon (Crying Freeman, son premier long-métrage, en 1996), l’alliance du film historique en costume à la française, du thriller horrifique et des arts martiaux (Le Pacte des loups, son plus grand succès, en 2001), celle du jeu vidéo et du cinéma, avec Silent Hill (2006) et aujourd’hui Retour à Silent Hill.
Une chimère, surtout, en ce que le nombre de projets qu’il a développés, et qui sont finalement restés lettre morte, excède de loin les cinq longs-métrages qu’on lui doit. Cela fait partie de sa légende. Depuis le début des années 2000 ont été annoncées de nombreuses cathédrales ensablées, vouées à de grands mythes pop : Tarzan, Rahan, Corto Maltese, Bob Morane, Fantômas ou le capitaine Nemo, à qui il a consacré trois scénarios différents.
On rencontre la bête curieuse au Festival international du film fantastique de Gérardmer, où son Retour à Silent Hill était projeté en clôture, le samedi 31 janvier, douze ans après son dernier film en date, sa version de La Belle et la Bête (2014). La chimère n’a rien d’ombrageux ou d’amer. Elle paraît fort tranquille et amène.
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