
La couronne de l’impératrice Eugénie, endommagée lors du cambriolage au Louvre survenu le 19 octobre, va pouvoir être restaurée à l’identique « sans recours à la reconstitution ou la restitution », a annoncé, mercredi 4 février, le musée dans un communiqué, en diffusant les images de celle-ci. L’objet, que les cambrioleurs ont laissé tomber dans leur fuite, a été retrouvé au pied de la galerie d’Apollon.
« Si la couronne a souffert d’un écrasement et s’en est trouvée très sensiblement déformée, elle a conservé sa quasi-intégrité, permettant sa restauration complète », a assuré le Louvre. Le 22 octobre, la présidente du Louvre, Laurence des Cars, avait affirmé devant la commission de la culture du Sénat « qu’une restauration [était] délicate mais possible ».
La couronne a été endommagée lors de son extraction de la vitre où elle était exposée par une « fente relativement étroite ménagée par la disqueuse » des malfaiteurs, a précisé le musée. Elle avait été retrouvée au pied de la galerie d’Apollon où a eu lieu le vol. Selon l’établissement culturel, tous ses éléments sont encore présents, à l’exception d’un aigle d’or sur les huit qui l’ornent.
En outre, elle a conservé les 56 émeraudes qui la composent et n’a perdu qu’une dizaine de diamants, de très petites tailles, sur 1 354. « Sa complète restauration sera donc possible sans recours à la reconstitution ou la restitution, a jugé le Louvre. Il s’agira d’une remise en forme de son armature. »
Un seul élément décoratif manquant
Pour assurer sa restauration, un restaurateur agréé va être désigné « à la suite d’une mise en concurrence », a annoncé le musée. « Au vu du caractère à la fois symbolique mais aussi inédit d’une telle restauration, et de la spécificité remarquable de l’objet à restaurer », un comité d’experts a été désigné pour conseiller et superviser les travaux de restauration. Ce conseil sera présidé par Mme des Cars et composé de six personnalités, assistées d’« un ou une représentante des cinq maisons historiques de la joaillerie française », à savoir les maisons Mellerio, Chaumet, Cartier, Boucheron et Van Cleef & Arpels.

La couronne de l’impératrice a été commandée par Napoléon III en vue de l’Exposition universelle de 1855. Elle a été acquise par le Louvre en 1988 et est l’une des rares couronnes de souveraine conservée en France. Huit joyaux du XIXe siècle dérobés lors de ce spectaculaire cambriolage au retentissement mondial sont toujours dans la nature. Le butin, dont le diadème serti de quelque 2 000 diamants de l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, est estimé à 88 millions d’euros.
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