
À l’automne 2026, Belfort inaugurera un musée d’art destiné à rendre visibles ses collections : 204 œuvres d’art moderne, plus de 6 900 œuvres de beaux-arts et 10 700 objets d’histoire. La première pierre a été posée le 27 octobre 2023. Autour de la villa Maurice-Jardot, l’ensemble associera un bâtiment contemporain de 915 m², un espace suspendu de 40 m² pour les arts graphiques et une galerie souterraine reliant l’ancien et le nouveau musée.
Pendant près de 25 ans, les collections étaient réparties entre plusieurs sites : la villa Maurice-Jardot, la Tour 41 et différents lieux d’exposition. L’ensemble réunira art moderne, beaux-arts et expositions temporaires sur environ 1 000 m², dont 318 m² pour le parcours permanent et 316 m² pour les expositions temporaires. Environ 150 œuvres de beaux-arts et 90 d’art moderne seront visibles en continu, le reste sera présenté par rotation. Le parcours couvrira une période allant de la Renaissance à l’art contemporain, associant Dürer, Courbet, Doré, Picasso, Léger, Masson et des artistes liés au territoire, François-Joseph Heim, René Prinet, André Villers.
Au cœur de la salle d’exposition permanente, un cube en bois suspendu accueillera des accrochages de courte durée consacrés aux œuvres sur papier. Dessins, aquarelles et gravures y seront présentés par rotation plusieurs fois par an, pour de courtes expositions. Le cabinet d’arts graphiques placera au centre du parcours un fonds de près de 1 500 dessins et 3 000 gravures, longtemps relégué en réserve.
Pour préserver l’intégrité de la villa Maurice-Jardot, la liaison avec l’extension se fera par un passage souterrain d’une trentaine de mètres, transformé en galerie photographique. La donation André Villers – plus de 600 photographies – constituera un ensemble central. L’espace pourra aussi accueillir des expositions croisant archives locales et photographie contemporaine.
Le bâtiment, conçu par l’agence A. Scaranello, s’inscrit dans le square Émile-Lechten, agrandi d’environ 1 000 m², et s’ouvre sur un parvis de 950 m² reliant l’ancien et le nouveau musée. Le béton teinté de vert privilégie l’insertion dans le paysage plutôt qu’un geste architectural visible. L’organisation intérieure reposera sur un espace central circulaire distribuant les salles d’exposition, les espaces pédagogiques et la liaison souterraine.
Le sous-sol abritera une centrale de traitement d’air alimentée par 18 sondes géothermiques à environ 230 mètres de profondeur. Le dispositif régulera en continu température et hygrométrie afin d’assurer la conservation des œuvres et de répondre aux exigences des musées prêteurs. Il sera dimensionné pour absorber les variations de fréquentation.
Le coût s’élève à 8,8 millions d’euros hors taxes. La ville en finance 2 871 900 euros, le reste provenant de la Région Bourgogne-Franche-Comté (2 190 000 euros), du FEDER (2 000 000 euros), de la DRAC (900 000 euros), du Grand Belfort (600 000 euros), et du département (200 000 euros).