
Il a une gueule taillée dans le roc à la Mick Jagger, une voix du Sud qui marmonne par le nez, des yeux graves en accents circonflexes, et une tignasse d’adolescent qui tombe en cascade – en résumé, une dégaine de rock star. Mais, avec sa guitare à quat’sous, jaune, achetée 80 dollars (environ 67 euros) sur Facebook, Jesse Welles chante ses chansons seul devant son téléphone, sous les lignes à haute tension qui traversent la forêt près de chez lui, en Arkansas.
« Si tu cherches un but dans le cirque actuel/Si tu attends respect et attention/Si tu es en manque d’un truc pour te sentir fort/Viens avec moi arrêter quelques gars/La semaine dernière, c’était du solide/J’ai mis des menottes à un gosse/J’ai attaché une femme à un van/On peut traîner à travers la ville/Traquer les gars qui bossent/J’ai entendu qu’ils avaient un super deal » : sur Instagram, sa chanson Join ICE, ironique référence à la police de l’immigration, comptabilise 7,7 millions de vues. Un tube.
Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, ses dérapages tous azimuts et les événements meurtriers de Minneapolis ont poussé, ces dernières semaines, les grands noms du rock, de U2 à Pink Floyd, à transformer leurs concerts en happenings politiques, et leurs chansons en manifestes : ainsi Streets of Minneapolis, hymne écrit d’un trait par Bruce Springsteen, paru mercredi 28 janvier. Ou, côté rap, Donald Trump Diss, d’Eminem, featuring la crème du genre : 50 Cent, Snoop Dogg, Lil Wayne, Ice Cube, Dr. Dre, Kendrick Lamar…
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