Au Théâtre La Pépinière, à Paris, la confession mélancolique de Jacques Weber

Jacques Weber, dans « Cyrano, rêver, rire, passer », d’après la pièce d’Edmond Rostand, adaptée par Christine Weber, au Théâtre La Pépinière, à Paris, le 28 janvier 2026. Jacques Weber, dans « Cyrano, rêver, rire, passer », d’après la pièce d’Edmond Rostand, adaptée par Christine Weber, au Théâtre La Pépinière, à Paris, le 28 janvier 2026.

Jacques Weber, c’est un tout. Un roc, un pic, un cap, bien sûr, une péninsule. Un être superlatif dont le public connaît l’insolente mèche blanche, le souffle qui cherche l’air au lointain, la voix qui tonitrue et puis se perd on ne sait où. Jacques Weber, c’est ce comédien immense qui se dresse sur la scène du Théâtre La Pépinière, à Paris. Et lorsqu’on dit immense, on ne parle pas seulement de sa taille de géant qui se plie en deux pour s’asseoir sur le banc déposé au centre du plateau.

Cyrano, rêver, rire, passer, texte écrit sur mesure par Christine Weber d’après Cyrano de Bergerac (1897), d’Edmond Rostand, furète de l’incarnation à son agile commentaire. L’acteur l’interprète avec, à son côté, la présence ailée et soutenante de son alter ego, José-Antonio Pereira. Moment d’une totale mélancolie, c’est un songe qui passe, méditatif, éclairé par les lueurs d’une vidéo automnale : paysages de froide campagne, arbres dénudés à la Beckett, crépuscule et spectre de Roxane qui marche dans l’image. Malgré sa douceur frileuse, cette représentation n’est jamais très loin des larmes.

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