
Une manifestation pacifique organisée au Texas pour la libération du petit Liam Conejo Ramos, 5 ans, arrêté à Minneapolis le 20 janvier par la police de l’immigration, a été dispersée, mercredi 29 janvier, à coups de gaz lacrymogènes par les forces de l’ordre, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP).
Une centaine de personnes s’étaient rassemblées devant le centre de détention pour familles de migrants de Dilley où le petit Equatorien, dont l’arrestation a ému au-delà des frontières des Etats-Unis, a été récemment transféré avec son père. Elles ont brandi des pancartes portant les inscriptions « L’ICE [la police de l’immigration américaine] terrorise et criminalise les enfants », « Allez vous faire foutre avec vos conneries nazies », ou encore « Abolition de l’ICE », sans recourir à la violence.
Après avoir ordonné à la foule de reculer, des agents antiémeutes ont tiré des gaz lacrymogènes et interpellé au moins deux personnes, selon un journaliste de l’AFP. Des manifestants ont été victimes d’irritations des yeux et de toux persistantes, ainsi qu’un vidéaste de l’AFP.
« Là où je vis, les gens ont peur », a témoigné James Castillo, un étudiant de 18 ans habitant à Houston, grande ville (démocrate) texane. « Je connais des gens qui ont été arrêtés, qui sont citoyens américains, qui ont été persécutés », a-t-il poursuivi, brandissant une pancarte exigeant le départ de la secrétaire à la sécurité intérieure, Kristi Noem.
La photo de l’arrestation de Liam Conejo Ramos a fait le tour du monde, montrant le petit garçon visiblement apeuré, bonnet à oreilles de lapin sur la tête et cartable sur le dos, interpellé par un agent vêtu de noir.
« Il n’y a pas de criminels à Dilley »
Le représentant (démocrate) du Texas Joaquin Castro a rendu visite, mercredi, au bambin et à son père, Adrian Conejo Arias, au centre de détention. « Son père dit qu’il n’est plus le même, qu’il dort beaucoup parce qu’il est déprimé et triste », a rapporté M. Castro dans une vidéo sur X.

L’élu soutient que la famille se trouve dans le pays en situation régulière et qu’ils devraient tous deux être libérés. « Il n’y a pas de criminels à Dilley. Donald Trump dit que tout ça vise à arrêter les criminels étrangers en situation irrégulière, c’est le langage qu’il utilise. Il n’y a pas un seul criminel » dans ce centre pour familles, a-t-il souligné.
La justice américaine a bloqué l’expulsion du petit garçon et de son père, empêchant également leur transfert hors du centre de détention de Dilley. Plusieurs manifestants à Dilley ont également demandé la libération des autres familles détenues dans le centre. Parmi eux, de nombreuses personnes latino ont dit vivre avec la peur d’être arrêtées uniquement pour leur couleur de peau ou leurs traits. Les autorités démentent ce type de pratique.
L’élue (démocrate) Christina Morales, présente à la manifestation, a elle aussi demandé la destitution de Kristi Noem, chargée de mettre en œuvre les politiques antimigrants de l’administration Trump. « Nous voulons que Kristi Noem fasse l’objet d’une procédure de destitution. Nous voulons que le Sénat américain arrête de financer l’ICE (…) Ils tuent des gens et nous ne le tolérerons pas », a-t-elle martelé.
A Minneapolis, deux manifestants âgés de 37 ans, Alex Pretti et Renee Good, ont été tués par balles par les forces de l’ordre depuis début janvier. Leur mort a suscité une vague d’indignation à travers le pays, conduisant Donald Trump à amorcer une « désescalade ».
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