Au Danemark, la longue et difficile prise de conscience du lâchage par les Etats-Unis

Manifestation en soutien au peuple groenlandais, à Copenhague, le 17 janvier 2026. Manifestation en soutien au peuple groenlandais, à Copenhague, le 17 janvier 2026.

Costume en laine et chemise claire, Jan Jorgensen s’étouffe d’indignation. Assis dans son bureau à Christiansborg, le Parlement danois, le député assure avoir « toujours soutenu les Etats-Unis », même s’ils « ne sont pas irréprochables ». « Jamais de [sa] vie », il n’aurait donc imaginé manifester un jour devant l’ambassade américaine à Copenhague. Le 17 janvier, pourtant, il y était. « Les Américains devraient en prendre bonne note, car je ne suis ni un antimondialiste ni un socialiste qui déteste le capitalisme, mais un homme politique danois libéral. Et si j’éprouve cet énorme sentiment de trahison, ce choc et cette incrédulité, cela veut dire que tous les Danois en font l’expérience en ce moment », dit-il.

Dans une salle de réunion, un peu plus loin, son collègue conservateur Rasmus Jarlov a aménagé un petit studio de télévision. Les yeux rougis par la fatigue, le député, président de la commission de la défense à Christiansborg, mène une lutte acharnée contre la désinformation. Depuis début janvier et les nouvelles menaces d’annexion du Groenland par les Etats-Unis, il est invité presque quotidiennement par les chaînes américaines, « sauf Fox News, qui ne s’intéresse pas aux faits ». Lui aussi parle d’une « trahison ». Mais il y voit surtout une leçon, car « si le Danemark, qui compte parmi les pays les plus pro-Américains, peut voir son intégrité territoriale menacée, alors personne n’est en sécurité ».

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