
Une juge a rejeté, samedi 31 janvier, de manière temporaire, la demande des autorités démocrates du Minnesota de bloquer les opérations de la police de l’immigration du gouvernement de Donald Trump, qui secouent depuis plusieurs semaines Minneapolis et sont à l’origine de la mort de deux manifestants.
Des milliers de policiers fédéraux, dont des agents d’ICE, chargés de l’immigration, souvent masqués, multiplient depuis plusieurs semaines les raids dans la région de Minneapolis pour arrêter les sans-papiers afin de les expulser, objectif prioritaire du président américain.
Leurs méthodes, vues comme brutales, ainsi que la mort de deux manifestants s’opposant à leur présence, tués par balles par des agents fédéraux à Minneapolis, ont provoqué une vive émotion dans le pays. Dans la plus grande ville du Minnesota, des milliers de manifestants bravent régulièrement le froid polaire pour demander que s’achèvent ces opérations anti-immigration qui bousculent depuis des semaines la vie quotidienne.
Avec les villes jumelles de Minneapolis et St Paul, l’Etat du Minnesota a récemment demandé à la justice fédérale de bloquer l’afflux d’agents fédéraux dans la métropole, estimant qu’il s’agissait là d’une violation des droits de l’Etat protégés par la Constitution.
Mais dans une décision en référé de 30 pages rendue samedi, la juge Katherine Menendez a estimé que les arguments des plaignants n’étaient pas suffisants pour prendre la lourde décision de leur accorder un blocage temporaire.
La ministre de la justice de Donald Trump s’est aussitôt félicité de cette « énorme victoire judiciaire », soulignant que la juge à l’origine de la décision avait été nommée par le président démocrate Joe Biden. « Ni les villes sanctuaires [comme Minneapolis] ni les litiges infondés n’empêcheront l’administration Trump de faire appliquer la loi fédérale au Minnesota », a-t-elle écrit sur le réseau social X.
Conséquences « déchirantes »
Mais la juge ne tranche pas la question d’une éventuelle illégalité de cette vaste opération de la police fédérale nommée « Metro Surge », qui sera au cœur de l’examen au fond de la demande. Katherine Menendez dit même que les requérants ont apporté des preuves solides montrant, par exemple, que « des agents de l’ICE se sont livré à des contrôles au faciès, semblant interroger des personnes sur leur statut de citoyenneté en fonction de leur race ou de leur origine ethnique supposée, et, dans certains cas, les arrêtant sans base légale. »
« Les plaignants ont démontré de manière convaincante » que les opérations de la police de l’immigration « ont eu, et auront vraisemblablement encore, des conséquences profondes, et même déchirantes » pour les habitants de la région, écrit-elle encore, sans néanmoins trancher en faveur des autorités locales démocrates.
Le maire de Minneapolis, Jacob Frey, s’est dit « déçu » de cette décision. Mais il a assuré dans un communiqué que « cette décision ne changeait rien à ce que les habitants d’ici ont vécu – la peur, les perturbations et les préjudices causés par une opération fédérale qui n’aurait jamais dû avoir lieu. »
Depuis la mort il y a une semaine du manifestant Alex Pretti sous les balles des policiers fédéraux, deux semaines après la mort dans les mêmes circonstances de Renee Good, Donald Trump souffle le chaud et le froid. Il avait parlé en début de semaine de désescalade, mais il a affirmé vendredi qu’Alex Pretti était un « agitateur ».
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