
L’ancien ministre de la Culture Jack Lang a préféré annoncer samedi sa démission de l’Institut du Monde Arabe qu’il présidait depuis 2013 plutôt que de se la voir imposer. Il avait en effet été convoqué à un entretien dimanche par Jean-Noël Barrot, le ministre des Affaires étrangères.
La pression ne faisait que monter depuis que son nom était apparu dans les archives sur l’affaire Epstein, mises en ligne par le ministère de la justice américain. Il apparaît dans ces documents que le président de l’IMA profitait des largesses de l’homme d’affaires et délinquant sexuel après la condamnation de ce dernier en 2008 à 18 mois de détention pour sollicitation de prostitution impliquant une mineure.
Le Parquet national financier (PNF) avait annoncé vendredi 6 février avoir ouvert une enquête préliminaire sur lui et sa fille Caroline pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée ». Le PNF s’interroge sur une transaction immobilière entre Jack Lang et Epstein et une société fondée dans un paradis fiscal montée en commun. Caroline Lang avait démissionné le 3 février 2026 de son poste de déléguée générale du Syndicat des producteurs indépendants (SPI), fonction qu’elle occupait depuis seulement quelques semaines.
« Les accusations portées à mon encontre sont inexactes et je le démontrerai, par-delà le bruit et la fureur des tribunaux médiatique et numérique », écrit-il dans sa lettre de démission rendue publique par l’AFP. Il ajoute : « Le climat actuel, mêlant attaques personnelles, soupçons et amalgames, par ailleurs tous infondés, est délétère. Il me révolte et me répugne. Il ne peut que nuire à cette magnifique institution [l’IMA] ».
L’ancien ministre de la Culture de François Mitterrand, puis ministre de l’Education nationale (en 1992-1993 puis en 2000-2002) avait été nommé en 2013 à la présidence de l’IMA après sa non réélection aux législatives de 2012.
Renouvelé en 2017, puis en 2020 puis en 2023 à la présidence de l’IMA, suscitant de plus en plus de controverse en raison de son âge (86 ans aujourd’hui), il a incontestablement redynamisé un établissement culturel qui végétait en attirant des mécènes et en organisant des expositions grand public sous la houlette de son conseiller de l’ombre Claude Mollard.
Jean-Noël Barrot a demandé la convocation du conseil d’administration sous sept jours afin d’acter la démission de Jack Lang et nommer un président par interim. Il est à espérer que son successeur laisse une trace plus mémorable que les trois présidents qui ont précédé Jack Lang : Yves Guéna (2004-2007), Dominique Baudis (2007-2011) et Renaud Muselier (2011-2013) qui n’avaient accompli qu’un seul mandat.
Cet article a été publié en premier sur https://www.lejournaldesarts.fr/actualites/jack-lang-demissionne-de-lima-181827