Les brèves critiques du « Monde des livres » : Clélia Gasquet-Blanchard, Dmitry Glukhovsky, Arnaldur Indridason, Natacha Wolinski…

Sept romans, un recueil de poésie, un album jeunesse, un essai sur la photo, un de philosophie, un de sociologie… Voici les brèves critiques de douze ouvrages notables en cette sixième semaine de l’année.

Jeunesse. « Le Petit Pianiste », de Julie Annen et Morgane Raoux

C’est l’histoire d’un petit garçon qui s’appelait Pierre, mais, puisque trois élèves portent ce prénom, la maîtresse décide d’utiliser leur nom de famille. Il n’en faut pas davantage pour que Pierre Lidio devienne « Pierre l’idiot » et fasse l’objet de méchantes moqueries. L’enfant se mure alors dans le silence. Et voilà qu’un jour, il pousse la porte de l’appartement de Martha : la vieille dame est au piano et Pierre trouve cela si beau qu’il en fait tomber la tarte tatin qu’il était venu lui apporter ! C’est que la musique a des pouvoirs magiques : elle lave l’âme et sèche les larmes. Grâce à Martha et son chien Piotr Ilitch (Tchaïkovski ?), Pierre retrouve le goût des choses et celui des autres. Imaginé par la clarinettiste et musicologue Morgane Raoux et la dramaturge Julie Annen, cet album est merveilleusement mis en images par Thomas Baas. Crème sur la cerise, un CD et un QR code permettent d’écouter cette histoire. Il serait dommage de s’en priver : c’est le merveilleux Guillaume Gallienne qui raconte. E. G.

Roman. « Explosives », d’Hélène Coutard

Explosives, le premier roman de la journaliste Hélène Coutard, née en 1991, prend au sérieux la colère des féministes de sa génération, et imagine un groupe de jeunes femmes glissant vers le terrorisme au nom de la lutte contre le patriarcat. Venue à Paris pour aller à la fac, « fille moyenne » à qui il n’est « rien arrivé », Clara voit grandir sa rage à l’égard des violences sexistes, à mesure qu’elle est attirée dans l’orbite de la magnétique et radicale Ari. Dopé à une énergie descendant en droite ligne du King Kong théorie, de Virginie Despentes (Grasset, 2006), souvent bien vu et drôle (à propos d’un garçon se présentant comme un « allié » pour mieux draguer, on peut lire : « Clara ne se méfia même pas quand il commença à citer Annie Ernaux »), Explosives prend garde à ne pas virer au manuel idéologique, et à ne pas se laisser griser par la pureté de sa cause, notamment en offrant une épaisseur romanesque riche d’ambiguïtés à ses personnages. R. L.

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