Kelly Reichardt, réalisatrice de « The Mastermind » : « Il y a chez moi une peur de la sentimentalité »

Kelly Reichardt lors du Festival du film de New York, en septembre 2025. Kelly Reichardt lors du Festival du film de New York, en septembre 2025.

Trois ans après Showing Up (2023), chronique du quotidien d’une artiste, Kelly Reichardt poursuit son exploration des petites choses dans The Mastermind, portrait enlevé d’un voleur de tableaux raté, errant sur la Côte est dans les années 1970. Rencontre avec la cinéaste américaine, dans le restaurant d’un hôtel parisien.

Vous êtes née en 1964. Le film est-il nourri de vos propres souvenirs ?

En faisant ce long-métrage, je voulais fuir l’époque dans laquelle nous vivons. Me revenait par moments ce parfum d’un temps où la vie était différente : se retrouver dans une pièce sans téléphone portable, ne pas avoir accès à Internet, le temps que prenaient certaines choses, celui que l’on pouvait consacrer à des petites tâches.

A quels défis logistiques avez-vous été confrontée ?

Nous avons tourné à Cincinnati, et dans l’Ohio, parce que les paysages n’ont pas trop changé. Nous avons tout de même recouru aux effets spéciaux pour effacer les traces de modernité. Les voitures d’époque, elles, venaient de tout le pays. Certaines sentaient encore la moisissure. C’était une sorte de fantasme. Les voitures modernes sont si moches et leurs intérieurs ne sont pas adaptés aux tournages. Là, j’avais les grandes fenêtres et les beaux angles mais je ne pouvais pas vraiment pointer ma caméra vers l’extérieur.

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