Dans « A pied d’œuvre », Bastien Bouillon en anachorète littéraire qui fait front contre le déclassement

Bastien Bouillon (Paul Marquet) dans « A pied d’œuvre », de Valérie Donzelli. Bastien Bouillon (Paul Marquet) dans « A pied d’œuvre », de Valérie Donzelli.

Franck Courtès, la soixantaine, fut longtemps un photographe de presse réputé avant de se détourner, assez violemment, de cette pratique qu’il estimait désormais galvaudée pour se convertir à la littérature en 2013. Si ce transfert de vocation fait du bien à son âme, il met à rude épreuve son porte-monnaie en dépit du succès d’estime qui entoure ses romans. Il y raconte comment il s’est inscrit sur une application de petits travaux pour devenir homme à tout faire à raison d’une dizaine d’euros par jour. C’est cette expérience de la pauvreté, en même temps sans doute que la chronique désenchantée d’une société où tout se vend à l’encan, qu’il relate dans son roman A Pied d’œuvre (Gallimard, 2023).

Valérie Donzelli – autrice d’une œuvre pendulaire prise entre la fantaisie légère (La Reine des pommes, 2010) et le tragique poisseux (L’Amour et les Forêts, 2023) – l’adapte aujourd’hui au cinéma dans son septième long métrage de fiction. Pour ce récit qui tient de l’épure – il s’agit tout de même, au bout du compte, de l’histoire d’un homme qui se bat avec lui-même –, on imagine bien que le choix de l’acteur principal fut délicat. Bastien Bouillon – enfant de la balle et acteur protéiforme entre cinéma d’auteur hardcore et gros succès publics – décroche ici le pompon, pour une quatrième prestation sous la direction de la réalisatrice.

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