
La nouvelle cheffe de mission diplomatique des États-Unis pour le Venezuela, Laura Dogu, a été reçue dès son arrivée, samedi 31 janvier, à Caracas par le ministre des affaires étrangères Yvan Gil, signe de la reprise progressive des relations bilatérales moins d’un mois après la capture du président Nicolas Maduro par l’armée américaine.
« Je viens d’arriver au Venezuela. Mon équipe et moi sommes prêts à travailler » a écrit Mme Dogu sur son compte X avec des photos sur le tarmac de l’aéroport Maiquetia, où elle est arrivée vers 15 heures (20 heures, heure française) en provenance de Bogota. La durée de son séjour ni son agenda ne sont connus.
Sa nomination, le 22 janvier, en tant que plus haute autorité d’une représentation diplomatique après un ambassadeur, marque un tournant dans les relations entre Washington et Caracas, rompues en 2019 après que Washington eut refusé de reconnaître la première réélection de Nicolas Maduro et choisi de reconnaître un gouvernement parallèle dirigé par l’opposant Juan Guaido.
Dans un communiqué, le ministère des affaires étrangères a précisé que l’entretien entre Mme Dogu et les autorités s’inscrivait « dans le cadre de l’agenda de travail entre le gouvernement du Venezuela et celui des États-Unis visant à définir une feuille de route sur des questions d’intérêt bilatéral, ainsi qu’à aborder et résoudre les différends existants par la voie du dialogue diplomatique, sur la base du respect mutuel et du droit international ».
Gages de coopération
Mme Dogu, qui a notamment été ambassadrice au Nicaragua de 2012 à 2015, remplace John McNamara, qui occupait ce poste depuis la Colombie depuis le 1er février 2025. Des diplomates américains s’étaient rendus le 9 janvier à Caracas pour évaluer la réouverture de l’ambassade américaine, fermée depuis 2019.
Le président américain Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises qu’il « travaillait bien » avec la présidente par intérim Delcy Rodriguez, qu’il a qualifiée de « formidable ». Cette dernière a donné des gages de coopération à Washington, annonçant une amnistie générale, une réforme de la loi sur le pétrole et une réforme judiciaire, ainsi que la fermeture de la célèbre prison politique de l’Hélicoïde.
Tout en réclamant la libération de Nicolas Maduro, elle semble avoir affermi son pouvoir avec des nominations et évictions dans l’armée et dans le gouvernement, tout en lançant une réforme du secteur pétrolier en déliquescence pour le relancer grâce aux capitaux américains.
La nouvelle loi pétrolière, dont de nombreux analystes disent qu’elle a été dictée par Washington, enterre le modèle pétrolier du feu président Hugo Chavez (d’inspiration socialiste).
En parallèle, le département du Trésor américain a annoncé vendredi un assouplissement de l’embargo imposé en 2019 sur le pétrole vénézuélien. Ces réformes pourraient conduire à une croissance de 30 % de la production en 2026 du pays qui dispose des plus grandes réserves d’or noir de la planète.
« Tombée du ciel »
Sous pression américaine après la capture du président Nicolas Maduro, le pouvoir vénézuélien a promis le 8 janvier des libérations de prisonniers politiques, mais ces dernières ont lieu au compte-goutte. L’amnistie devrait permettre d’accélérer la procédure. Au Venezuela, il y a encore au moins 711 prisonniers politiques, dont 65 étrangers, selon l’ONG Foro Penal.
Des dizaines de proches campent toujours devant les prisons du pays, attendant les libérations, mais ils sont désormais optimistes après l’annonce vendredi de la loi d’amnistie qui bénéficiera aux détenus politiques.
« Cette excellente nouvelle nous est tombée du ciel. Heureux, contents, nous avons dansé, sauté, célébré. Nous espérons qu’elle se concrétisera réellement dans les prochaines heures, comme l’a dit la présidente », confie Daniela Camacho, épouse de José Daniel Mendoza, militaire incarcéré depuis près de trois ans.
Dimanche était aussi son jour de visite à la prison Rodeo 1, et elle a pu lui annoncer la nouvelle de l’amnistie : « Il était content. Quand il ne restait plus que 5 minutes, il m’a dit : “bon, allez préparer tout ! la maison ! la fête ! tout !”. »
A la prison Zone 7 dans Caracas, Shirley Rincon, 55 ans, dont trois proches sont incarcérés, était aussi heureuse : « C’est une nouvelle fabuleuse, j’ai le cœur en fête (…) dans l’attente de la libération immédiate » de « tous » les détenus.
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