En Formule 1, le chronomètre ne ment jamais. Mais parfois, ce sont les mots d’un double champion du monde qui pèsent le plus lourd. À Barcelone, Aston Martin n’a pas signé de temps de référence, ni enchaîné les relais interminables. Pourtant, jeudi soir, tous les regards étaient déjà braqués sur Fernando Alonso.
Car l’AMR26 n’est pas une monoplace comme les autres. Première vraie création de la nouvelle ère Aston Martin sous la direction d’Adrian Newey, elle arrivait en retard, sans journée de tournage préalable, avec une pression maximale sur chaque tour parcouru.
Dernière équipe à réellement prendre la piste lors de ces essais privés, Aston Martin a dû attendre mercredi soir pour ouvrir son compteur. Jeudi après-midi, la monoplace verte a enfin quitté le garage… avant de s’arrêter presque aussitôt. Lance Stroll n’a couvert que cinq tours, laissant planer le doute.
Mais le dernier jour, Fernando Alonso a remis les pendules à l’heure. Selon le chronométrage non officiel, l’Espagnol a bouclé 61 tours, une bouffée d’oxygène pour une équipe qui jouait contre la montre. Suffisant, surtout, pour se forger une première opinion. Et Alonso n’a rien éludé.
« C’était bien. Définitivement excité d’être de retour dans la voiture après l’hiver et pour nous, c’est le premier jour. Je sais que certaines équipes ont fait des journées de tournage comme des shakedowns au début du mois de janvier, puis toute la semaine ici à Barcelone – mais pour nous, c’était vraiment le tout premier jour, donc je pense que nous en avons eu un jour positif. Plus de 60 tours et la voiture répond bien, donc premier jour et d’autres à venir. »
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Derrière ces premiers tours se cache un défi colossal. Aston Martin a dû tout apprendre, ou presque. Nouvelle unité de puissance Honda, nouvelle boîte de vitesses conçue en interne après des années de dépendance au package Mercedes, nouveaux repères techniques… L’AMR26 n’est pas une simple évolution.
Le partenariat avec Honda représente en lui-même un projet entièrement neuf. Les ingénieurs qui avaient mené l’unité de puissance championne du monde avec Max Verstappen en 2021 et 2022 ont depuis été redéployés, obligeant Aston Martin à construire une relation technique from scratch.
Même chose côté transmission. En développant sa propre boîte de vitesses, l’équipe s’est libérée des contraintes de montage héritées de Mercedes, ouvrant de nouvelles possibilités aérodynamiques et mécaniques — au prix d’une courbe d’apprentissage abrupte.
Arriver en retard aux essais n’a donc rien d’un hasard. C’est même presque une signature. Adrian Newey est connu pour pousser le développement jusqu’à la dernière minute afin de mettre en piste une voiture la plus mature possible, quitte à sacrifier du temps de roulage. À Barcelone, l’ingénieur britannique était d’ailleurs omniprésent dans le garage, observant chaque détail.
Et Alonso l’a parfaitement senti. « Je pense que tout le monde est super motivé quand nous le voyons dans le garage en train de s’occuper de tous les détails. Je vois tous les mécaniciens, les visages, tout le monde le regarde – essayant de repérer quelque chose qu’il a peut-être commenté sur la voiture ou qu’il veut améliorer. Il nous apprend toujours quelque chose. »
À 42 ans, Fernando Alonso n’a plus besoin de promesses. Ce qu’il cherche, ce sont des signaux. Et à Barcelone, malgré le retard et les incertitudes, Aston Martin lui en a envoyé quelques-uns. Discrets, mais solides.
La saison 2026 est encore loin. Mais dans le regard d’Alonso, une chose est sûre : la flamme est intacte. Et quand Fernando commence à croire au projet, ce n’est jamais anodin. Chez Aston Martin, on espère désormais que le temps perdu au départ sera compensé… au bon moment. Car parfois, en F1, mieux vaut arriver tard que trop tôt — surtout quand on a Alonso pour donner l’heure.
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Arrivée en retard aux essais de Barcelone, Aston Martin a vécu un shakedown sous tension avec l’AMR26. Auteur de 61 tours, Fernando Alonso a livré un verdict positif et mesuré, saluant une voiture réactive et la dynamique insufflée par Adrian Newey et Honda.
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