Pakistan : plus de 40 morts après des attaques séparatistes au Baloutchistan

Des ambulances à l’extérieur d’un hôpital de Quetta, au Pakistan, le 31 janvier 2026. Des ambulances à l’extérieur d’un hôpital de Quetta, au Pakistan, le 31 janvier 2026.

Au moins dix membres des forces de sécurité et trente-sept rebelles ont été tués samedi 31 janvier lors d’attaques « coordonnées » menées par des séparatistes dans la province pakistanaise du Baloutchistan, dans le sud-ouest du pays, a annoncé un haut responsable sécuritaire à l’Agence France-Presse (AFP).

« Les terroristes (…) ont lancé des attaques coordonnées ce matin dans plus de 12 endroits », a déclaré le responsable cité précédemment, en faisant référence aux séparatistes dans cette province pauvre, régulièrement en proie à des troubles. Le premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a apporté son soutien aux forces armées pakistanaises « dans leur lutte déterminée pour défendre le pays ».

L’armée de libération du Baloutchistan, principal mouvement séparatiste dans cette province, a revendiqué ces attaques dans un communiqué transmis à l’AFP.

Un premier bilan donné par un responsable sécuritaire à Quetta, au sud-ouest du pays, près de la frontière avec l’Afghanistan, faisait état de quatre policiers tués. Ce dernier avait précisé que les séparatistes avaient mené des attaques-suicides et armées notamment dans le chef-lieu provincial de Quetta ainsi que dans d’autres localités.

Installations militaires et policières

A Quetta, un journaliste de l’AFP a entendu plusieurs explosions. Un important dispositif de sécurité a été déployé dans la ville. Les rues étaient désertes et les commerces ont fermé.

« Depuis ce matin, il y a une explosion après l’autre », a confié à l’AFP Abdul Wali, un habitant âgé de 38 ans. « La police pointe ses armes et nous dit de rentrer chez nous », ajoute cet homme qui devait traverser la ville pour aller voir sa mère hospitalisée. Les liaisons ferroviaires ont été suspendues dans les zones visées et les services de téléphonie mobile ainsi que le trafic routier sont perturbés.

L’armée de libération du Baloutchistan a affirmé avoir visé des installations militaires et policières, mais aussi avoir bloqué des autoroutes pour ralentir la réponse de l’armée à ces attaques.

Un haut responsable militaire à Islamabad a confirmé ces attaques « coordonnées », mais a affirmé qu’elles avaient « échoué (…) grâce à une réponse efficace des forces de sécurité ». Il n’a pas fait de commentaires sur le bilan humain.

Minerais et hydrocarbures

Les attaques commises samedi interviennent un jour après que l’armée pakistanaise a affirmé avoir tué 41 rebelles séparatistes au Baloutchistan.

Les séparatistes attaquent régulièrement les représentants de l’Etat et les Pakistanais venus d’autres provinces. Le Baloutchistan a notamment été le théâtre d’une spectaculaire prise d’otages par des séparatistes dans un train en mars qui s’était soldée par des dizaines de morts.

Depuis des décennies, les Baloutches se disent lésés dans leur province : officiellement, 70 % des habitants y sont pauvres alors que le sous-sol regorge de minerais et d’hydrocarbures, exploités notamment par des entreprises chinoises.

L’année 2024 avait été particulièrement meurtrière avec plus de 1 600 morts, pour près de la moitié des soldats et policiers, selon le « Centre pour la recherche et les études sur la sécurité d’Islamabad ».

Le Monde avec AFP

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