La France a connu en 2025 une hausse inquiétante des décès sur ses routes. Après deux années sous la barre des 3 200 morts (3 167 en 2023 et 3 193 en 2024), le bilan provisoire de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) affiche 3 260 tués en métropole, soit 67 de plus que l’année précédente. Dans les Outre-mer, le bilan est encore plus préoccupant : 253 décès, soit une hausse de 6 %.
Cette progression n’épargne pas les blessés graves. L’ONISR recense 16 600 personnes grièvement blessées, soit une augmentation de 4 %. La ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, Marie-Pierre Vedrenne, qualifie cette situation de « réalité inadmissible » et pointe du doigt les comportements à risque. Si l’alcool, la vitesse et les stupéfiants restent des causes majeures, elle s’inquiète particulièrement de l’usage détourné du protoxyde d’azote, un fléau qui sera une priorité pour 2026.
Les nouvelles mobilités, un danger grandissant
Si les conducteurs de voitures représentent toujours la majorité des victimes (48 % avec 1 563 morts, +45 par rapport à 2024), ce sont les utilisateurs d’engins de déplacement personnel motorisés (EDPm), notamment les trottinettes électriques, qui enregistrent la plus forte hausse. En 2025, 80 personnes ont perdu la vie à trottinette, soit 35 de plus que l’année précédente.
Les cyclistes et piétons ne sont pas épargnés : 501 piétons (+45) et 234 cyclistes (+10) ont trouvé la mort, soulignant la vulnérabilité de ces usagers face à la circulation. À l’inverse, la mortalité des deux-roues motorisés recule légèrement avec 691 tués (-29), une éclaircie dans un tableau déjà sombre. Cette hausse spectaculaire des accidents liés aux nouvelles mobilités interpelle sur l’adaptation des infrastructures urbaines et la nécessité de renforcer la sensibilisation.
Des mineurs de plus en plus touchés
Le bilan 2025 est particulièrement inquiétant pour les plus jeunes. La mortalité des enfants de 0 à 13 ans augmente (+12 décès), tout comme celle des adolescents de 14 à 17 ans (+41). Un chiffre qui met en lumière l’urgence d’actions ciblées sur les comportements à risque des jeunes, mais aussi sur la sécurité aux abords des écoles et sur les trajets domicile-école.
Les jeunes adultes (18-24 ans) voient, quant à eux, une légère baisse de la mortalité, mais cette diminution reste insuffisante face à l’explosion des accidents chez les mineurs. Pour la ministre Vedrenne, chaque décès est « un drame souvent évitable », rappelant que la prévention, l’éducation et le contrôle routier sont plus que jamais nécessaires pour inverser la tendance.
Le gouvernement face à une urgence nationale
Face à ces chiffres alarmants, le gouvernement entend agir. L’accent sera mis sur les comportements à risque, la lutte contre le protoxyde d’azote et la sensibilisation aux nouvelles mobilités. Marie-Pierre Vedrenne insiste : « Chaque vie sauvée est une victoire contre l’inacceptable ».
2025 est donc une année de prises de conscience. La hausse globale des accidents et la flambée des victimes à trottinette montrent que la sécurité routière ne peut plus se limiter aux campagnes classiques : aménagement urbain, contrôle renforcé et responsabilisation de tous les usagers sont désormais indispensables. La route, rappelons-le, n’est pas un terrain de jeu.
Pour résumer
En 2025, la France a enregistré 3 513 morts sur les routes, avec une hausse marquée des accidents liés aux trottinettes électriques et des décès chez les mineurs. Piétons, cyclistes et automobilistes ne sont pas épargnés. Le gouvernement dénonce « une réalité inadmissible » et annonce des mesures prioritaires pour 2026.
Cet article a été publié en premier sur https://www.autonews.fr/actualite/trottinettes-pietons-voitures-2025-marque-une-annee-noire-sur-nos-routes-le-gouvernement-denonce-une-realite-inadmissible-142829