Bloquer l’armée russe : la mission impossible du génie militaire ukrainien

La nouvelle ligne de défense du Donbass défigure le paysage rural enneigé à perte de vue, telle une balafre. De multiples rangées de barbelés, de pièges anti-infanterie et de fossés antichars se succèdent sur une largeur de 120 mètres. Quelques dizaines de mètres à l’arrière, dissimulée sous une haie d’arbres, se trouve une seconde ligne de tranchées et de fortifications enterrées, depuis laquelle les militaires ukrainiens se préparent à tenir l’envahisseur russe sous leur feu.

Construite dans la région de Dnipropetrovsk, désormais située à 35 kilomètres des positions russes avancées, cette section fait partie d’un réseau en expansion de plusieurs centaines de kilomètres de lignes échelonnées en profondeur, destinée à contenir la poussée de l’armée ennemie vers l’ouest, en direction du Dniepr. Un chantier colossal témoignant de la conviction, au sein de l’état-major ukrainien, que l’agression des troupes de Moscou n’est pas près de s’arrêter.

« On est parti pour cinq ou dix ans de guerre, jusqu’à ce que les Russes se trouvent un autre os à ronger, confie sombrement Oleksandr, un officier de presse du DSST, l’une des deux branches du génie militaire ukrainien. Ce qui va arrêter Poutine, ce n’est pas un soi-disant accord de paix ou un cessez-le-feu, c’est une contrainte brutale. Une désintégration de la Russie ou une chute du régime », poursuit ce quinquagénaire.

Oleksandr, officier de presse du DSST, l’une des deux branches du génie militaire ukrainien, dans la région de Zaporijia (Ukraine), le 27 janvier 2026. Oleksandr, officier de presse du DSST, l’une des deux branches du génie militaire ukrainien, dans la région de Zaporijia (Ukraine), le 27 janvier 2026.

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