La nouvelle ligne de défense du Donbass défigure le paysage rural enneigé à perte de vue, telle une balafre. De multiples rangées de barbelés, de pièges anti-infanterie et de fossés antichars se succèdent sur une largeur de 120 mètres. Quelques dizaines de mètres à l’arrière, dissimulée sous une haie d’arbres, se trouve une seconde ligne de tranchées et de fortifications enterrées, depuis laquelle les militaires ukrainiens se préparent à tenir l’envahisseur russe sous leur feu.
Construite dans la région de Dnipropetrovsk, désormais située à 35 kilomètres des positions russes avancées, cette section fait partie d’un réseau en expansion de plusieurs centaines de kilomètres de lignes échelonnées en profondeur, destinée à contenir la poussée de l’armée ennemie vers l’ouest, en direction du Dniepr. Un chantier colossal témoignant de la conviction, au sein de l’état-major ukrainien, que l’agression des troupes de Moscou n’est pas près de s’arrêter.
« On est parti pour cinq ou dix ans de guerre, jusqu’à ce que les Russes se trouvent un autre os à ronger, confie sombrement Oleksandr, un officier de presse du DSST, l’une des deux branches du génie militaire ukrainien. Ce qui va arrêter Poutine, ce n’est pas un soi-disant accord de paix ou un cessez-le-feu, c’est une contrainte brutale. Une désintégration de la Russie ou une chute du régime », poursuit ce quinquagénaire.

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