
Thierry Mariani, candidat Rassemblement national (RN) à la Mairie de Paris et député européen, est visé par une plainte de l’association La Maison des potes pour « provocation à la discrimination au logement », en raison de sa promesse de campagne d’instaurer la priorité nationale, a déclaré vendredi la plaignante à l’Agence France-Presse (AFP).
L’association estime qu’avec cet argument Thierry Mariani « appelle explicitement tous ceux qui seront candidats sur sa liste » à « l’instauration d’une politique municipale fondée sur un critère de nationalité, lequel est prohibé par la loi ».
Cette plainte, transmise au parquet de Paris récemment, mentionne le site Internet de la candidature de M. Mariani. On pouvait encore y lire vendredi matin : « Instaurer la priorité nationale », juste au-dessus de la phrase, dans la même fenêtre, « garantir aux Parisiens et travailleurs l’accès au logement social ».
« Il s’agit d’une violation manifeste de la loi et du principe d’égalité prévu par la Constitution. Ce type de promesse porte atteinte à l’Etat de droit », a commenté pour l’AFP Me Jérôme Karsenti, qui porte cette plainte.
« Guide de l’élu FN »
Le RN a déjà eu dans le passé des démêlés avec la justice dans ce domaine. En septembre 2024, trois cadres de l’époque ou ex-cadres du Front national (devenu RN), dont le maire d’Hénin-Beaumont, Steeve Briois, avaient été relaxés par le tribunal de Nanterre des faits de complicité de provocation à la discrimination par le biais du « guide de l’élu FN », qui incitait à appliquer la « priorité nationale ».
La Maison des potes était déjà à l’origine de la plainte dans cette affaire. Dans ce dossier, le parquet avait requis six mois d’emprisonnement avec sursis et 10 000 euros d’amende à l’encontre de Steeve Briois et de l’ex-secrétaire nationale du Front national chargée des élus Sophie Montel, qui a quitté la formation en 2017.
Une amende de 10 000 euros avait été demandée contre une autre cadre du RN, Marie-Thérèse Costa-Fesenbeck. Le ministère public avait estimé que ce Petit guide pratique de l’élu municipal Front national – édité avant les municipales de mars 2014 et dans lequel le FN recommandait à ses candidats « l’application » de « la priorité nationale dans l’accès aux logements sociaux » – comportait « une incitation claire à commettre cette distinction » entre Français et étrangers.
Mais le tribunal avait finalement considéré que la « participation personnelle et volontaire » de Steeve Briois et de Sophie Montel dans la publication du guide sur un site Internet n’avait pas été démontrée. Marie-Thérèse Costa-Fesenbeck avait été relaxée en raison d’une insuffisance de preuves démontrant sa responsabilité dans la publication.
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