
Le contexte économique, politique et géopolitique a beau être incertain, en 2026, de grands projets et gigafactories, notamment de batteries, de production d’hydrogène ou encore dans le domaine des infrastructures numériques, vont émerger ou monter en puissance. Voici quelques-uns des principaux projets d’investissement dont on entendra parler cette année.
Production de batteries dans les Hauts-de-France : mises en production en 2026
En 2023, Emmanuel Macron avait promis l’ouverture de cinq gigafactories permettant de produire 2 millions de batteries électriques d’ici 2030, dans les Hauts-de-France. Où en sont ces projets ? Deux sites sont déjà opérationnels.
- Le site d’ACC, à Douvrin, qui a produit, depuis septembre 2024, suffisamment de batteries pour équiper 10 000 voitures (Stellantis et Mercedes). La capacité initiale de 13 GWh devrait atteindre 40 GWh d’ici 2030.
- Celui d’AESC, à Douai, dont la production a commencé en 2025 et qui devrait monter en cadence afin d’alimenter 200 000 véhicules électriques Renault par an (R5/Mégane/Scénic E‑Tech 67).
Les trois autres projets annoncés à partir de 2026 sont :
- l’usine Verkor de Dunkerque, inaugurée en décembre 2025. Elle cible 16 GWh de production à partir de 2026 et atteindra sa capacité maximale en 2030 (50 GWh) ;
- l’usine Tiamat, à Boves (batteries sodium-ion), dont la construction commencera en 2026 prévoit un démarrage industriel en 2027 ;
- le site de ProLogium, à Dunkerque, dont la première pierre sera posée en février 2026, vise une mise en production de batteries solides lithium-céramique autour de 2028.
Citons également le projet Neomat, porté par Orano et le Chinois XTC New Energy, qui prévoit la construction de trois méga-usines concernant l’ensemble du cycle de vie des batteries :
- fabrication des matériaux de cathode (CAM) ;
- production des précurseurs (PCAM) ;
- recyclage des rebuts et batteries en fin de vie.
Si tout va bien, la première phase du projet, dédiée à la production de CAM, devrait s’amorcer en 2026, pour une mise en service en fin d’année.
Électrolyseurs et production d’hydrogène
Bien qu’il soit considéré comme une solution énergétique d’avenir, et qu’il soit déjà une réalité dans nos territoires, l’hydrogène peine encore à trouver sa place dans le mix énergétique mondial.
Néanmoins, la filière gagne en maturité technologique et économique et le potentiel de la filière demeure très prometteur. Après sa mise en liquidation en mai 2025, le fabricant français d’électrolyseurs McPhy a finalement trouvé un repreneur, puisque John Cockerill Hydrogen a acquis une partie des actifs de l’entreprise. Cela permet ainsi la poursuite du fonctionnement de la Gigafactory de Belfort. Selon Nicolas de Coignac, PDG de John Cockerill Hydrogen : « Cette acquisition ciblée préserve un actif industriel stratégique et jette les bases de la prochaine génération d’électrolyseurs. En combinant les cellules d’électrolyse de John Cockerill avec certains composants innovants de McPhy, l’objectif est d’obtenir un avantage concurrentiel de 10 à 15 % par rapport aux modèles actuels. »
D’ailleurs, d’autres méga-usines devraient prochainement sortir de terre. Après avoir inauguré une ligne pilote à Béziers et un démonstrateur en 2025, l’entreprise GENVIA, pionnier de la technologie des électrolyseurs à haute température, devrait passer à l’échelle avec une gigafactory dont la construction commencera en 2026.
Enfin, n’oublions pas que Normand’Hy, qui sera la plus puissante unité de production d’hydrogène bas carbone en Europe (200 MW), devrait aussi commencer à produire en 2026. La gigafactory d’Air Liquide, produira, à terme, 28 000 tonnes d’hydrogène par an, qui serviront à alimenter les sites industriels du bassin de Port‑Jérôme/Seine, mais aussi la mobilité lourde hydrogène le long de l’axe Seine (bus et camions). Ce sera d’ailleurs la mise en service la plus structurante de 2026.
Et au niveau des infrastructures numériques ?
Si le terme gigafactory est généralement réservé à l’industrie manufacturière, il est aussi de plus en plus utilisé pour désigner des usines IA. Dans son discours d’ouverture de DAVOS 2026, Ursula Von der Leyen a ainsi déclaré vouloir faire des usines IA une priorité, car « l’Europe dispose de tous les atouts nécessaires pour attirer les investissements : l’épargne, les compétences et l’innovation – avec nos fabriques d’IA et nos méga-usines, ainsi que les applications qui sont nécessaires. »
Au niveau des grands projets privés, il y a entre autres le plan d’investissement de 4 milliards d’euros de Microsoft pour accélérer la transformation numérique de la France, le projet d’usine IA d’Evroc à Sophia Antipolis ou encore la mise en service, en 2026 du AI Factory Lab (Grenoble) de HPE et NVIDIA.
2026 s’annonce, en outre, comme l’année du passage à l’échelle pour plusieurs grands campus GPU, usines IA et infrastructures souveraines en France.
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