
C’est une première pour une élection municipale. Une coalition d’une vingtaine d’associations et de syndicats emmenés par le collectif Nos services publics lance, jeudi 30 janvier à Lille, une campagne d’interpellation des candidats au scrutin de mars afin qu’ils s’engagent à défendre les services publics communaux. La Ligue des droits de l’Homme (LDH), Oxfam, la Fédération syndicale unitaire (FSU), France Nature Environnement, Médecins du monde, Solidaires, Attac, la Fédération du logement, ou encore le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles… le spectre des ONG et des organisations est large et montre l’inquiétude du monde associatif et syndical sur l’état des administrations publiques dans les territoires.
L’objectif de cette campagne est d’imposer dans le débat des municipales les sujets liés aux services publics et de montrer que les politiques locales de solidarité sont devenues essentielles. Le troisième rapport du collectif Nos services publics a amplement décrit, en novembre 2025, la manière dont l’accès aux services publics se fragmente, se complexifie et comment les administrations publiques ne permettaient plus de garantir des droits universels. Les reculs de la présence de l’Etat sont perceptibles dans tous les territoires, ruraux comme urbains et dans tous domaines. En imposant des coupes budgétaires drastiques aux collectivités locales, tout en se déchargeant sur elles d’un certain nombre de politiques publiques, les gouvernements successifs ont fragilisé les capacités de ces dernières à préserver des mécanismes de solidarité.
Dans un texte publié sur une plateforme dédiée, la coalition rappelle que les communes constituent « le premier maillon d’une réponse collective aux besoins des populations ». « La cohésion sociale, dans le monde bousculé et la situation internationale inquiétante que nous connaissons, se crée au niveau local », assure Cécile Duflot, directrice exécutive d’Oxfam. « Nous ne voulons pas que le débat électoral ne tourne que sur une question de casting. Les maires, par leurs choix politiques, peuvent changer la vie des citoyens », souligne Arnaud Bontemps, co-porte parole du collectif Nos services publics. Les ONG appellent donc les candidats au scrutin de mars à s’engager à les défendre et leur demandent de s’engager sur 14 exigences touchant toutes leurs compétences.
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