Violences dans le périscolaire : plusieurs candidats à la mairie de Paris disent leur stupeur après une enquête de « Cash investigation »

Visuel de l’enquête de « Cash investigation » sur les violences dans le périscolaire à Paris. Visuel de l’enquête de « Cash investigation » sur les violences dans le périscolaire à Paris.

« Omerta », « dysfonctionnements systémiques », « signalements dissimulés » : les nombreuses défaillances du périscolaire, dévoilées jeudi 29 janvier dans une enquête de « Cash investigation », sur France 2, ont provoqué des réactions de stupeur chez plusieurs candidats à la mairie de Paris.

L’enquête, qui s’intéresse aux conditions de travail des animateurs, pointe les faibles rémunérations, les temps partiels subis et les emplois du temps hachés, alors que plus de cinq millions d’enfants sont accueillis chaque jour dans le périscolaire.

On y voit notamment des témoignages de parents dont les signalements de comportements suspects d’animateurs ne sont pas pris en compte, mais aussi l’absence de cadre de recrutement ou encore des comportements inappropriés d’animateurs, dont une qui embrasse un enfant sur la bouche dans une école maternelle du 7e arrondissement de Paris.

« Colère »

« Les images, filmées en caméra cachée, montrent des comportements inacceptables à l’encontre des enfants », a réagi dans un communiqué la maire (Les Républicains) de cet arrondissement, Rachida Dati, également candidate à la mairie de Paris. Elle dénonce « l’omerta » ainsi que des « dysfonctionnements systémiques » qui perdurent et réclame une enquête globale sur l’ensemble du périscolaire parisien, un plan d’urgence pour faire face à la multiplication d’agressions sur les enfants et une refonte globale des activités éducatives, ludiques ou de garde organisées par la municipalité.

De son côté, la candidate de La France insoumise (LFI) aux élections municipales des 15 et 22 mars, Sophia Chikirou, dit avoir déposé une proposition de résolution pour une enquête parlementaire à la demande des parents d’élèves, afin de « faire la lumière sur le système périscolaire à Paris et partout en France ». « Qui sont les responsables ? Pourquoi les alertes n’ont-elles jamais été suivies d’effet ? », interroge-t-elle.

Au sujet de l’école maternelle Baudin, dans le 11e arrondissement de Paris, dont un ex-animateur sera jugé en mai pour agression sexuelle sur cinq enfants, le premier adjoint, Patrick Bloche, interrogé par France 2, reconnaît un « dysfonctionnement majeur dans le cheminement du signalement (…) qui a été fait à un agent qui ne l’a pas remonté ».

« Choc et colère devant l’enquête de “Cash investigation” », a réagi pour sa part Emmanuel Grégoire, candidat à Paris de l’union de la gauche hors LFI. « Les situations de violence mentionnées sont insupportables. Les manquements dans l’encadrement des enfants et dans le traitement des affaires signalées sont inadmissibles », a reconnu le député (Parti socialiste), qui avait lui-même révélé avoir été victime de violences sexuelles dans le cadre périscolaire durant son enfance. « Il faut tout revoir : les procédures, les contrôles, l’encadrement, la culture même d’une institution qui peut générer une forme de maltraitance quand des alertes ne sont pas traitées assez vite », a-t-il ajouté.

Le Monde avec AFP

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