« On a l’habitude que les gens…
« On a l’habitude que les gens lèvent un sourcil quand on dit où on est, raconte Léo Lamant. Puis ils arrivent ici, voient le lieu, les équipes, la façon dont tout est pensé, et là ça change complètement. » Le producteur américain confirme : « Les installations sont incroyables, les équipes parfaitement adaptées. Tourner aux États-Unis aurait coûté beaucoup plus cher. Ici, tout est centralisé et les gars sont cools. »
Cette montée en gamme doit aussi beaucoup aux relais noués avec certains producteurs français. Adrien Kamir, de la société ATCK, a notamment joué un rôle clé en mettant Piscine Club en relation avec plusieurs productions, permettant au studio libournais de décrocher ses premiers contrats d’envergure et d’accélérer son changement d’échelle.
Un outil de production ultra-pointu
Depuis janvier 2025, Piscine Club – ex-Lema Slow – a officiellement pris possession du bassin. L’ancienne piscine a été métamorphosée sans perdre son âme : le volume, la lumière, les carrelages racontent encore son passé. Mais à l’intérieur, c’est un outil de production ultra-pointu : plateau de tournage modulable, robots ultra-ralentis capables de filmer jusqu’à plusieurs milliers d’images par seconde, atelier de fabrication, fablab, espaces photo et vidéo, effets spéciaux. Tout est regroupé au même endroit.
« Notre obsession, c’est l’intégration, explique Mathieu Augé. On fabrique les décors, les machines, les accessoires, on tourne, on post-produit, tout sur place. Résultat : on gagne un temps énorme. Un tournage qui prendrait dix jours ailleurs peut être bouclé ici en deux ou trois. » Une efficacité qui se traduit aussi par des budgets plus maîtrisés, argument décisif pour les productions internationales.
Leo Lamant et Matthieu Augé se sont installés en janvier 2025 avec Lema Slow, devenu Piscine Club en avril 2025. Studio LS
Mais Piscine Club ne travaille pas uniquement pour l’étranger. Les acteurs économiques locaux sont eux aussi séduits. Pour l’enseigne girondine Pépite Cookies, le studio a imaginé et fabriqué un convoyeur mécanique sur mesure, pensé spécifiquement pour les besoins du tournage. « On ne se contente pas de filmer un produit, précise Léo Lamant. On conçoit l’objet, le mouvement, la narration visuelle. On accompagne les entreprises du territoire de l’idée à l’image finale. » La Table de Pavie, à Saint-Émilion, a également fait appel au studio pour des scénographies, des contenus digitaux et des créations visuelles, mêlant gastronomie, design et storytelling.
De nouveaux investissements
Le lieu attire autant qu’il intrigue. Lors des Journées européennes du patrimoine, plusieurs centaines de visiteurs ont poussé la porte du studio. « C’était assez fort émotionnellement, se souvient Mathieu Augé. Beaucoup de Libournais nous disaient : ‘‘C’est ici que j’ai appris à nager’’. Voir cet endroit revivre autrement, ça a touché pas mal de monde. » « Au début, certains nous ont pris pour des fous, reconnaît Léo Lamant. Aujourd’hui, ils comprennent mieux ce qu’on essaie de faire. Et nous, on ne regrette rien. »
Le binôme de Piscine club cultive un mélange assumé de coolitude et d’exigence technique. Ici, pas de studios aseptisés ni d’ambiance compassée. « On travaille sérieusement, mais sans se prendre au sérieux, résume Léo Lamant. Les équipes sentent qu’elles peuvent être exigeantes tout en étant à l’aise. » Un équilibre qui séduit producteurs et réalisateurs, heureux de trouver compétence, réactivité et convivialité au même endroit… et de pouvoir aller faire un tennis juste avant de tourner.
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