
« Nous faisons mieux en Nouvelle-Aquitaine, sur le plan de l’emploi et des investissements, qu’au niveau national »
C’est ainsi que Marc Prikazsky, président du Club des ETI Nouvelle-Aquitaine, commente la dernière enquête, rendue publique ce jeudi 29 janvier, qui a vocation à sonder l’état d’esprit des décideurs de cette catégorie d’entreprises (de plus de 250 salariés et au chiffre d’affaires annuel situé entre 50 millions et 1,5 milliard d’euros). De ces résultats, cependant, celui qui est aussi le PDG de Ceva Santé animale, cinquième laboratoire pharmaceutique mondial (7 000 collaborateurs, 1,77 milliard d’euros de chiffre d’affaires dont 90 % réalisés à l’international), tire un constat positif : « Nous faisons mieux en Nouvelle-Aquitaine, sur le plan de l’emploi et des investissements, que ce que l’enquête du Meti [Mouvement des entreprises de taille intermédiaire, NDLR] relève au niveau national. »
Résistance
Réalisée par le cabinet privé Trendeo, cette enquête du Meti montre en effet qu’en France, en 2025, ces entreprises ont mis le « pied sur le frein » en matière de recrutements et d’investissements. En effet, leur solde net de créations et de suppressions de postes est négatif de -36 %. En clair, l’an dernier, les ETI du pays ont créé 9 585 postes alors qu’elles en avaient créé 14 988 en 2024. Du côté des investissements, les ETI sont la seule catégorie d’entreprises qui a enregistré un recul des investissements (environ 18 milliards d’euros) par rapport à 2024 (20 milliards d’euros au total).
« Globalement, la situation régionale est meilleure. Sur le plan des investissements, notamment, nos ETI n’envisagent pas de reculer cette année », assure Marc Prikazsky. Il est vrai que l’enquête montre que les investissements des 60 ETI régionales qui ont répondu restent globalement stables d’une année sur l’autre, et 55 % des répondants prévoient de maintenir leur niveau d’investissements. Ainsi, plus d’1 milliard d’euros devrait être investi en 2026, principalement en Nouvelle-Aquitaine (60 %). Les priorités d’investissement incluent la transformation industrielle et digitale, la cybersécurité, l’intelligence artificielle (IA), la formation, la croissance externe, et la transformation énergétique.
Une progression préoccupante
Sur le plan du recrutement, les ETI qui ont répondu affichent des politiques stables par rapport à 2025. Une majorité d’entre elles prévoit de recruter en 2026, notamment en Nouvelle-Aquitaine, avec une proportion significative visant entre 10 et 50 recrutements.
Pour autant, la même enquête met au jour que les dirigeants perçoivent un environnement macroéconomique de plus en plus hostile. Une majorité (67 %) se déclare pessimiste quant à la situation économique mondiale et nationale, et 60 % jugent même la situation économique de leur entreprise préoccupante ou, pour 47 % d’entre eux, très préoccupante. Ce chiffre est en hausse de 31 % par rapport à l’enquête précédente ! » relève le président du Club des ETI régionales.
L’international, un moteur
Les dirigeants ayant répondu semblent davantage inquiets de la situation politique nationale que de la conjoncture internationale. « Cela vous étonne ? » réagit le PDG de Ceva Santé animale. « Les dernières mesures d’un budget que l’on juge indispensable, certes, mais mauvais, tapent à côté sur le plan de l’économie. Au-delà du certain manque de courage, voire du populisme, de certaines mesures, le monde de l’entreprise a pris comme un désaveu le recul du gouvernement concernant la suppression de la baisse de la CVAE [cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises], un impôt sur la production. »
Cet article a été publié en premier sur https://www.sudouest.fr/gironde/marc-prikazsky-les-patrons-d-eti-sont-comme-les-menages-francais-prudents-face-aux-incertitudes-27594887.php