Selon des responsables américains, les négociateurs russes assouplissent leur position intransigeante en privé, les Ukrainiens appellent à la prudence
Des responsables américains à la tête des négociations estiment que les négociateurs russes ont adopté un ton plus pragmatique à huis clos que ne le laisse entendre la rhétorique publique inflexible de Moscou, selon deux personnes proches du dossier, rapporte le Kyiv Independent.
« Ils [les Russes] énoncent généralement leurs exigences maximalistes, puis laissent leurs équipes de négociation travailler avec une certaine flexibilité », estime un responsable américain. « C’est quelque chose qui se produit depuis longtemps. »
Un responsable ukrainien au fait de ces négociations a expliqué au quotidien en langue anglaise que l’équipe américaine évalue les pourparlers « de manière très spécifique », ajoutant que même une simple courtoisie est perçue comme un indicateur significatif. « Si tout le monde est poli, c’est considéré comme un signe positif », selon cette source.
Alexandra Filippenko, spécialiste des relations russo-américaines, explique au Kyiv Independent que la partie américaine « a tendance à se laisser tromper » lorsqu’elle négocie avec Vladimir Poutine, ancien officier du KGB. Elle rappelle que lors du Sommet de Slovénie le 16 juin 2001, le président George W. Bush avait déclaré à propos de Vladimir Poutine : « Je l’ai regardé droit dans les yeux. Je l’ai trouvé très direct et digne de confiance ; j’ai pu percevoir son âme. » Condoleezza Rice, sa principale conseillère à la sécurité, a écrit que cette formulation avait été une grave erreur.
« Des efforts de paix ? Une rencontre trilatérale aux Emirats ? La diplomatie ? Pour les Ukrainiens, c’était juste une nouvelle nuit de terreur russe », résumait samedi matin le chef de la diplomatie ukrainienne, Andrii Sybiha.
Le Kremlin a assuré, lundi, que les premiers pourparlers à Abou Dhabi se sont tenus « dans un esprit constructif », tout en soulignant qu’un « travail très sérieux » restait à accomplir. La Russie exige le retrait total des troupes ukrainiennes du bassin du Donbass, une demande qui sera très difficile à accepter politiquement et militairement pour l’Ukraine. La Russie a prévenu à plusieurs reprises qu’elle atteindrait ses objectifs par les armes si les pourparlers n’avançaient pas.
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