Pêche du brochet à la grenouille : pourquoi la frog remporte un grand succès ?

La grenouille, ou frog, a bénéficié de nombreuses avancées technologiques. D’un leurre de surface originellement conçu pour des pêches à vue de postes bien identifiés, les fabricants l’ont transformé, selon les modèles, en un outil infiniment plus polyvalent qui se prête aussi à des stratégies de prospection rapides de type power fishing.

Les techniques de chasse aussi variées que sophistiquées du brochet

L’imitation de grenouille trouve son plein emploi aux beaux jours, quand les amphibiens s’activent sur les bordures riches en végétation. Le brochet, prédateur opportuniste, ne saurait rater pareille occasion de satisfaire son appétit. Rejoignant les eaux peu profondes ou s’embusquant dans les herbiers. Les imitations réalistes de grenouilles sont le plus utiles de la fin du printemps au début de l’automne, durant leurs pics d’activité.

Quand il a choisi de concentrer son attention sur ce type de proies, le brochet opère plutôt à l’affût. Il se poste dans tous les secteurs colonisés par les amphibiens. Généralement à proximité d’un couloir d’herbier, le long d’une trouée dans la roselière. Ou encore sous les feuilles flottantes d’herbiers aquatiques. Qu’une grenouille vienne à franchir un espace d’eau libre. Et hop, elle est aussitôt happée par le carnassier qui rate rarement sa proie.

Certains brochets adoptent des stratégies de chasse plus élaborées. Ils s’embusquent sous une feuille de nénuphar. Au moindre signe d’occupation des lieux par une proie (la feuille s’incurve légèrement sous le poids de la grenouille), ils attaquent. Par en dessous, bousculant le végétal. Ou le heurtant violemment du nez de manière à faire choir l’amphibien de son support. Parfois, le brochet s’élance carrément à l’extérieur de l’eau pour retomber tête la première. A l’endroit même où se trouve la proie convoitée, qui se croyait pourtant hors d’atteinte. Ces chasses, toujours très spectaculaires, justifient à elles seules la pêche à l’imitation de grenouille qui vous fera vivre des émotions inoubliables.

peche brochet au frog

La frog, une réponse adaptée à la pêche du brochet à vue de poste précis en surface

Grâce à la disposition particulière de son armement qui se trouve généralement sur le dos, le frog de plastique compte parmi les rares leurres à pouvoir évoluer dans les endroits les plus scabreux sans s’accrocher. À la différence du slug dont la nage est discrète. Le frog étant doté de petites pattes mobiles. Se pliant et se détendant au gré du travail d’animation. En renvoyant des éclaboussures. Peu de leurres se montrent aussi efficaces pour exploiter les herbiers, les couloirs entre les nénuphars. Mais aussi les entrelacs de branchages. Il suffit de consulter les récents catalogues des fabricants pour se convaincre que le frog compte désormais parmi les leurres de surface (ou topwaters) incontournables de l’été. Devenu très polyvalent, il se prête à de nombreuses animations à tous les étages.

Classiquement, on l’utilise pour une pêche à vue de postes précis en surface. C’est la façon la plus commode d’exploiter les zones encombrées. Les herbiers flottants de potamots, de renoncules ou les tapis de nénuphars. En un mot, partout où se trouvent les prédateurs en embuscade.

L’action de pêche étant très amusante. Active, visuelle, requérant une grande prudence dans l’approche des postes. Mais aussi une bonne précision des lancers, des réflexes sûrs. Sans oublier une parfaite connaissance des tenues occupées par les poissons. On ne peut se satisfaire de longer les bordures en « tapant l’eau ». Il faut également s’aventurer au cœur des roselières et au milieu des tapis des nénuphars, que vous abordez en waders si la profondeur l’autorise, en bateau ou en float tube autrement.

peche brochet au frog

Respecter les pauses

La stratégie la plus répandue consiste à poser délicatement la grenouille sur une feuille de nénuphar. La simple prise de contact du leurre avec son support végétal suffit à alerter le prédateur. Puis vous attendez de longues secondes (au moins vingt) avant de faire glisser doucement la grenouille de son perchoir. Le leurre flotte maintenant dans un espace d’eau libre. Vous respectez de nouveau une phase d’immobilité, puis le faites gesticuler sur place. Toujours pas de réaction ? Exercez alors une légère traction, qui fait glisser la grenouille sur une trentaine de centimètres, et déclenche le gigotement de ses pattes. Puis vous l’immobilisez une fois de plus avant de lui imprimer des tressautements sur place, à l’arrêt.

Vous pouvez varier l’amplitude de ces mouvements, l’essentiel étant de récupérer le plus lentement possible, de respecter des temps de pause et de faire en sorte que les pattes se détendent et se replient en revoyant des éclaboussures à chaque traction. N’hésitez pas à bousculer les obstacles : votre leurre, qui adopte alors une nage incertaine, en sera d’autant plus attractif.

L’attaque, qui peut intervenir à tout moment, surprend souvent le pêcheur par sa vivacité et sa violence. Rien ne pouvant laisser supposer qu’un carnassier suiveur s’apprête à engamer le leurre, il faut se tenir prêt à agir à tout instant.

Les ratés à la touche, fréquents, s’expliquent par l’émotion bien légitime qui s’empare de nous quand la grenouille est happée : on ferre alors trop vite, et parfois même, on anticipe l’attaque. Pour éviter que cette erreur habituelle ne cause de nombreux ratés, mieux vaut s’assurer d’un bon engamage en rendant la main à l’attaque quelques fractions de seconde avant de ferrer énergiquement.

peche brochet au frog

Pêcher le brochet au frog : Savoir attendre

Parmi les défauts relevés en action de pêche, qui génèrent un nombre élevé de ratés au ferrage et de décrochages, ou encore une baisse de la fréquence des attaques, il y a les ferrages – ou les récupérations – trop rapides, qui ne respectent pas les temps de pause requis. Les meilleurs auteurs américains l’affirment : « Lancez votre frog là où vous pensez qu’il peut y avoir un brochet, et attendez deux minutes. » Deux minutes, c’est long, mais c’est le prix à payer pour les gros poissons.

S’obliger à pareille lenteur est très certainement le premier obstacle à vaincre !