Drawing Now Paris, laboratoire du dessin contemporain

Drawing Now Paris, salon entièrement consacré au dessin contemporain, se tient du 26 au 29 mars 2026, au Carreau du Temple. Le salon réunit 71 galeries issues de 13 pays, présentant près de 300 artistes. Avec 41 % de nouvelles participations – parmi lesquelles les parisiennes Anne-Sarah Bénichou, Olivier Waltman ou Romero Paprocki – et 35 % de galeries internationales, il confirme son rôle de plateforme de renouvellement et d’observation des mutations du dessin. « Le dessin ne se limite plus à la feuille : il dialogue avec les nouvelles technologies et déploie toute sa sensibilité pour nous aider à mieux comprendre le monde qui nous entoure », souligne Christine Phal, directrice et fondatrice du salon, rappelant l’ampleur générationnelle des artistes réunis, de 24 à 97 ans.

La scénographie s’organise autour de quatre secteurs. Le secteur « Général », au rez-de-chaussée, propose un panorama des pratiques établies. Le niveau -1 devient l’espace de l’avant-garde avec « Inception », dévolu à l’émergence ; « Process », consacré aux projets expérimentaux et transdisciplinaires, et « Digital », centré sur les hybridations entre dessin et technologies.

Deux parcours « curatoriaux » offrent une lecture transversale du salon. « Art Faber » explore les relations entre dessin et mondes économiques, tandis que « Parallaxe : les femmes du dessin » met en lumière la diversité des pratiques féminines, de la bande dessinée à l’installation, du geste minimal au dessin politique.

L’exposition centrale, intitulée « Numérique lyrique. Les nouvelles origines du dessin », conçue par Joana P. R. Neves [lire p. 14], accompagne ce dispositif, tandis que « Talks », des entretiens d’artistes et performances prolongent les échanges entre artistes, commissaires et public.

Le Prix Drawing Now 2026 distingue enfin cinq artistes – Guénaëlle de Carbonnières, Roman Moriceau, Chloé Vanderstraeten, Maxime Verdier et Katarzyna Wiesiolek – avec une dotation de 15 000 euros et une exposition au Drawing Lab. Cette édition confirme bien le dessin comme un champ élargi, en constante redéfinition.

Entre 4 000 et 5 000 € 

Le travail de l’artiste iranienne Nazanin Pouyandeh (née en 1981) se distingue par un dessin d’une extrême précision, au rendu lisse et minutieux, qui emprunte autant à la peinture occidentale qu’aux miniatures persanes. Sa peinture figurative mêle réalisme et imaginaire dans des compositions très construites, souvent traversées de références culturelles multiples. Les figures féminines occupent une place centrale dans son œuvre : puissantes, autonomes, elles incarnent des identités complexes qui interrogent les rôles, les désirs et les tensions du monde contemporain.

 

Galerie Templon,

Paris, Bruxelles, New York.

Entre 4 000 et 6 000 € (HT)  

Pour ce solo show de Golnaz Behrouznia (née en 1982), la galerie Julie Caredda propose une immersion dans l’univers organique de l’artiste iranienne à travers un ensemble de dessins récents et une installation. Ces œuvres s’inscrivent dans une recherche menée depuis une dizaine d’années sur les processus de morphogenèse et l’émergence de nouvelles entités visuelles.Hybrides et multiformes, les dessins évoquent des agrégats de matière qui font système, en écho au monde du vivant et du minéral, et questionnent le naturel et l’artificiel.

 

Julie Caredda,

Paris.

500 € 

À partir d’une observation attentive du monde quotidien, l’artiste chinoise Dan Zhu (née 1985) élabore des images oniriques où réalité et imagination s’entrelacent. Son regard, à la fois poétique et dynamique, explore la nature, les formes et les mouvements, en puisant aussi bien dans la peinture traditionnelle chinoise – et sa notion de Spirit Resonance, l’énergie propre à chaque scène – que dans des influences occidentales. Son travail est représenté par la Galerie Maurits van de Laar depuis 2001. Actuellement, elle est exposée au Musée Kranenburgh à Bergen, aux Pays-Bas.

 

Galerie Maurits van de Laar,

La Haye (Pays-Bas).

200 € 

Chez Florent Chavouet (né en 1980), le dessin procède d’une attention aiguë aux détails et aux formes du quotidien. Crayon et encre composent des images à la fois précises et décalées, souvent construites selon des points de vue surplombants, proches de la carte ou du plan. Jeux d’échelle, annotations discrètes et figures esquissées installent une narration visuelle teintée d’humour. Ce regard curieux, jamais appuyé, transforme l’ordinaire en territoire d’exploration graphique, où le plaisir du dessin dialogue avec une observation fine du réel.

 

Huberty & Breyne,

Paris, Bruxelles.

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