Le château de Bachen après l’incendie, en février 1994. Archives Jean Darrieux / Sud Ouest
Le corps central de la demeure, vieille de près de deux siècles, munie de nombreux planchers et doublés cloisons, n’a pas résisté longtemps : la totalité de la charpente en bois, les combles et une partie du premier étage ont été entièrement dévastés. Après plusieurs heures de lutte contre les flammes, les secours multiples de pompiers et de gendarmerie ont seulement pu constater les dégâts : il y en aurait pour des centaines de milliers, voire des millions de francs.
Mobilier, objets personnels, objets d’art, la plupart des biens de M. et Mme Guérard, amassés depuis près de dix ans, ont été détruits par le feu et l’eau.
Ravagé sur trois niveaux, envahi de cendres, de déchets et objets calcinés de toute sorte, et en grande partie recouvert d’eau, le bâtiment ne tient plus debout que par ses murs. Il est encore impossible de faire une évaluation précise de l’étendue des dégâts très importants : toiles signées du XVIIIe siècle lacérées, meubles d’époque brûlés, d’autres peintures des XVIe et XVIIe réduites à l’état de cendres.
Appartenant à M. et Mme Guérard, ce château daté de la fin du XVIe siècle, patiemment restauré depuis onze ans par leurs propriétaires, était en passe d’être inscrit à l’Inventaire des Monuments historiques
Un incendie qui semble criminel. En effet, aucun vol n’a été déploré, un carreau brisé indique qu’une ou plusieurs personnes sont entrées par effraction, et plusieurs toiles ont été lacérées par une ou plusieurs lames de couteau.
Michel Guérard devant le château de Bachen dans les années 1980. Archives Jean-Louis Duzert / Sud Ouest
Il semble, de plus, que le feu soit né d’une bouteille d’essence, depuis la chambre de M. Guérard, lui-même et sa famille étant en vacances à Poitiers. Ces constatations ont d’ailleurs amené les forces de l’ordre à prendre des mesures pour protéger les autres biens de Michel Guérard, ses trois restaurants d’Eugénie-les-Bains, commune distante de quelques kilomètres.
Seule présente dans le bâtiment, la gardienne ne s’est rendu compte de rien. Dans le voisinage, on signale avoir entendu les chiens aboyer, et des lumières auraient été remarquées aux alentours de minuit.
Toutes les informations doivent être vérifiées par l’enquête lancée par les services de la gendarmerie, le procureur de la République de Mont-de-Marsan ayant ouvert une information judiciaire.
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