A Londres, la National Gallery va réduire ses effectifs

La National Gallery de Londres traverse une mauvaise passe et a lancé un plan de départs volontaire pour réduire ses dépenses. L’explosion des coûts opérationnels (énergie, salaires, maintenance) pèsent sur le budget de fonctionnement du musée alors qu’il n’a pas retrouvé son niveau de fréquentation d’avant la pandémie, passant d’environ 6 millions de visites annuelles avant 2020 à 3,8 millions sur les douze mois précédant septembre 2025. Par ailleurs la subvention annuelle versée par l’État (environ 32 millions de livres par an soit 37 millions d’euros) reste insuffisante et aucune augmentation substantielle n’est en vue.

Faute de mesures rapides, le déficit de 2 millions de livres (2,9 millions d’euros) attendu sur l’exercice en cours (2024-2025) pourrait s’alourdir de 6,2 millions de livres (7 millions d’euros) supplémentaires d’ici 2026-2027, portant le trou budgétaire cumulé à 8,2 millions de livres (9,4 millions d’euros). 

Face à cette situation, le musée a annoncé un plan de réduction des dépenses centré sur les effectifs. Dans une déclaration officielle, un porte-parole indique que la National Gallery va supprimer ou suspendre plusieurs activités jugées trop coûteuses. La première mesure concrète est le lancement d’un plan de départ volontaire ouvert à tous les employés de la galerie et de sa filiale commerciale (boutiques, cafés, etc.), soit près de 500 personnes au total. Chaque employé est ainsi encouragé à quitter son poste en échange d’indemnités et d’incitations financières au départ. Si ce dispositif ne permet pas d’atteindre les économies escomptées, la National Gallery prévient déjà qu’elle devra envisager des licenciements.

Ce plan d’austérité ne sera pas sans impact sur la mission culturelle de la National Gallery. En plus de la réduction d’effectifs, la galerie envisage de réviser à la baisse sa programmation d’expositions et d’événements. Le musée reconnaît également qu’il devra peut-être réduire les prêts d’œuvres internationales et collaborations coûteuses, faute de moyens pour assurer les frais logistiques que ces projets impliquent. Jusqu’ici, l’accès aux collections permanentes du musée reste gratuit, conformément à la politique des musées nationaux britanniques. La National Gallery souligne sa volonté de préserver cette gratuité essentielle.

Cette cure d’austérité intervient alors même que le musée s’est lancé dans un vaste projet d’extension architecturale pour la prochaine décennie. En septembre 2025, le musée a annoncé « Project Domani », un plan d’investissement de 375 millions de livres (430 millions d’euros). Il vise à construire une nouvelle aile à l’arrière de l’édifice existant, afin d’agrandir les espaces d’exposition et d’accueillir des collections d’art post-1900. De quoi susciter l’amertume des employés poussés vers la sortie.

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