« Mes potes imaginent que je vais devenir millionnaire » : comment vivent vraiment les écrivains

 CANDICE ROGER POUR «  LE NOUVEL OBS »


Pour aller plus loin


Précaires, les écrivains ? De nombreux auteurs se reconnaîtront en tout cas dans le cri d’alarme de Valérie Donzelli. Adaptation du récit éponyme de Franck Courtès, « A pied d’œuvre » raconte l’itinéraire d’un photographe à succès qui, devenu romancier, découvre la pauvreté et enchaîne les petits boulots pour survivre. Une fiction au plus près du réel. Pas un éditeur qui ne peste contre la baisse des ventes en librairie. En cause la surproduction, mais aussi les plateformes et les réseaux sociaux qui captent l’attention d’un public de moins en moins enclin à ouvrir un livre. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2024, le marché du livre a reculé, en France, de 1,5 %, et le poche de 2,5 % par rapport à 2023. La majorité des romans se vend aujourd’hui à moins de 1 000 exemplaires, quand, il y a vingt ans, les chiffres étaient de trois à cinq fois supérieurs. Conséquence directe pour l’auteur : la baisse (ou la suppression pure et simple) de l’à-valoir, cette avance consentie par l’éditeur, et la chute libre du montant des droits d’auteur, tandis que les droits annexes (ventes à l’étranger ou contrat d’adaptation audiovisuelle) ne parviennent pas à compenser le recul global.

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Sans doute, il convient de nuancer. Pour un écrivain comme Laurent Binet, auteur du best-seller « HHhH » (2010), la situation reste florissante. « Les ventes de mon dernier roman, “Perspective(s)”, ont baissé par rapport aux précédents : environ 70 000 exemplaires au lieu de 120 000 pour “Civilizati…

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