Bruno Madelaine : « Un salon ouvert aux artistes du monde entier »

Quels ont été les grands moments de la vie du salon ?
C’est Louis XIV qui en a été à l’initiative pour valoriser les artistes français. Les expositions ont été plus ou moins régulières durant les règnes des souverains suivants. Mais c’est surtout sous Napoléon III que le salon est devenu un véritable événement. En 1880, l’État a demandé aux artistes de se constituer en association, la Société des artistes français. En parallèle, d’autres salons se sont créés : le Salon d’automne en 1905, le Salon des indépendants à la suite du Salon des refusés. Ces « refusés », justement, étaient ceux qui n’avaient pas été retenus par le Salon des artistes français, qui défendait alors un goût très académique, même si de grands noms ont participé : Rodin, Pissaro, Cézanne, Monet, Bartholdi, Claudel, Carpeaux… 

Quelle est la ligne du salon de nos jours ?
Nous mettons en avant la création actuelle, mais nous défendons un art qui nécessite de l’apprentissage et du savoir-faire. Nos jurys sont composés d’artistes sociétaires ayant obtenu une médaille d’or. Cela dit, nous travaillons à assouplir un peu cette tradition. Nous conservons nos quatre sections : peinture, sculpture, gravure, photographie, auxquelles s’ajoute l’architecture. Une précision importante : le Salon des artistes français, malgré son nom historique, est ouvert aux artistes du monde entier ! Et il jouit d’ailleurs d’une grande notoriété à l’international.

Vous cohabitez, au Grand Palais, avec trois autres salons…
Oui, avec le Salon des indépendants, le Salon Comparaison et le Salon Dessin et peinture à l’eau. Nous nous sommes rassemblés sous la bannière Art Capital, créée en 2006. Mais chacun reste indépendant dans sa programmation. Et cela semble fonctionner : nous avons accueilli, en 2025, près de 50 000 visiteurs sur 3 jours. 

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