Jeune chien : apprenez-lui les « petits oiseaux »

Il est assez fréquent qu’un jeune chien arrête un passereau dans une haie ou poursuive une alouette en plaine. Sa tentation, assez légitime chez le novice, de poursuivre le gibier se trouve accentuée par la taille et l’apparente faiblesse des petits oiseaux.

C’est pour ainsi dire un réflexe qui fait partie de l’instinct de capture et s’atténue avec l’âge et l’expérience. Néanmoins, il est possible de gagner du temps avec quelques exercices assez simples, qui suffisent à enrayer ce qui pourrait devenir une mauvaise habitude. Un bon dressage, articulé autour d’une relation complice demeure le meilleur garde-fou. D’abord, un bon rappel, cela va de soi. Ensuite, s’il a un arrêt ferme, votre partenaire sera moins sensible à la tentation provoquée par la fuite ou le passage du passereau traversard. Un arrêt sur petit oiseau demeure tout de même moins gênant qu’une course-poursuite de plusieurs centaines de mètres, car il est toujours plus facile d’être au contact du chien à l’arrêt pour intervenir en le relançant. Cette façon de faire, douce, l’aidera à comprendre que cet oiseau-là n’est pas celui que vous recherchez.

Il arrête à la vue ou au nez ? quels remèdes ? 

En début de saison de chasse, les vols de migrateurs qui filent vers le sud peuvent aussi perturber la concentration du chien dans sa quête. Les hirondelles, qui bien souvent lui frôlent la tête, provoquent une situation particulièrement excitante. Tout comme pour l’alouette, si votre chien court derrière une hirondelle, un bon rappel et une relance dans une autre direction suffisent à l’en détourner. Plus tard en saison, au bois, le troglodyte mignon et le rouge-gorge sont les passereaux qui provoquent le plus de gêne. Une bonne caresse sur la tête du chien pour détourner son attention et quelques mots pour casser l’ambiance, et le tour est joué.

Certains chiens manifestent parfois une véritable passion pour ces petits oiseaux. Dans ce cas précis, et seulement après épuisement de sa patience, le chasseur ne doit pas hésiter à passer au stade supérieur : la punition. Inutile pour autant d’employer la violence. Le « down » ou l’« assis » constituent alors des méthodes souvent salutaires, lorsqu’une bonne réprimande verbale ne suffit plus.

<p>chien et petits oiseaux : que faire ?</p>

En cas d’incompréhension mutuelle, le « down » peut devenir un véritable frein à main.

Et pour les oiseaux des haies ?

Dans le cas du chien quêtant le long d’une haie, c’est un peu plus complexe à cause de la difficulté à contrôler quel gibier se trouve devant lui. En présence de passereaux identifiés, comme un vol de moineaux, la technique est strictement la même : d’abord mépris, ensuite réprimande.

En revanche, avec des grives ou des merles, tout dépend de l’intérêt que leur porte le chasseur lui-même, car il est parfois intéressant de sauver une bredouille avec quelques turdidés. Par temps froid, il peut y avoir des arrêts, mais l’approche du chien suffit à faire gicler les oiseaux de la haie. Les haies et buissons constituent également des remises naturelles pour les faisans, perdrix, notamment les rouges, et autres petits gibiers à poil. On peut alors être suspicieux, tout en sachant qu’en présence de petits oiseaux, il porte son nez vers les branches hautes et montre une certaine nervosité.

Enfin, pour conclure, l’utilisation d’un collier dit « éducatif » n’est guère souhaitable. Derrière une alouette, il y a le risque que le chien associe la punition à sa course et non à l’oiseau. En cas d’arrêt, c’est encore pire, parce qu’il peut s’agir d’un gibier plus noble. À la moindre incompréhension provoquée par l’impulsion du collier, le chien risque d’adopter un comportement de « blinkage », c’est-à-dire passer sur le gibier en feignant de ne pas l’avoir senti, de peur des représailles.

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